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Vous connaissez ma grande passion pour l'art contemporain, dont je dénonce, parfois, les loufoques dérives. La dernière exposition des oeuvres de l'ancien trader Jeff Koons à Versailles, m'a donné envie d'en remettre une couche ! Les oeuvres très kitschs du célèbre "artiste", sponsorisé par François Pinault, dont certaines étaient exposées sur le toit du Métropolitan Museum of New-York, cet été, sont l'archétype d'un épuisement de l' oeuvre d'art dans le signe consumériste, de l'art de faire prendre des vessies pour des lanternes, de la confusion entre l'oeuvre artistique et de l'objet de consommation. Koons ne met même plus la main à la pâte, se contentant de diriger une équipe d'artisans pour forger ses Mickey, ses "Doudous" colorés, ses "chienchiens" à leurs mémères ou ses Michael Jackson sucrés !



Bref, l'art koonien ne nécessite d'aucun savoir-faire quelquconque, mais exige une grande compétence en relation publique et une savante stratégie médiatique.
Sacré puis séculier, presque toujours avant-gardiste (sauf aujourd'hui !), remettant en cause les valeurs bourgeoises et les codes établis, l'art est aujourd'hui intégré dans les plans coms des multinationales, récupérés par ce même bourgeois qui en a fait une simple marchandise décorative, comme le disait Sylvana Lorenz, chargé de la com de l'Espace Cardin. Damien Hirst ? Koons ? C'est marrant, fun, sexy, coloré, sucré, bref, fashion, classieux, ça en jette, chez les nouveaux riches !

Nos petits français se débrouillent pas mal, dans le côté "ready made" et j'aime toujours rappeler ces deux oeuvres de Marc Quer, 2 lignes, un horizon, qui consiste en une serpière accroché à un mur,




où à Mon coeur maçonné, du même artiste, un vieux pull des familles rouge-orange perclu d'espigaous ...



Mais malheureusement ils ne travaillent pas dans le centre névralgique de l'art contemporain, là où l'argent coule (ou coulait ...) à flots, à New-York, et la Serpière quérienne, à Marseille, ne vaudra que quelques milliers d'euros par rapport aux millions qu'elle aurait pu atteindre dans une galerie de Chelsea ! Encore qu'avec la crise ...

 

 

Mais voici que dernièrement je tombe sur l'oeuvre de Piero Manzoni, Merda d'Artista, une composition de l'artiste italien, qui consistait à déféquer dans des boîtes de conserve et de signer sa diahrée artistique. Un exemplaire de caca-boudin en boîte a, quand même, été vendu 124 000 $ chez Sotheby, en 2008 ! Manzoni a réactualisé le mythe de la pierre pholosophale qui transformait les vils métaux en or. Alchimiste des temps modernes, il a pu transmuter de la "merde" en devises sonnantes et trébuchantes ! Un coup de marketing génial pour emmerder les bonnes moeurs, prendre le bourgeois pour un con, en le détroussant légalement de son argent pour un gros caca !

Alors, Merda d'artista, est-ce de l'art ou de la merde ?
Allez en pets, et bon week-end.

Qu'aurait pensé le professeur Choron de toute cette merde ?



Tag(s) : #Insolite

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