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 La polémique est à nouveau relancée par la sortie d'un livre d'Emmanuel Faye, "Heiddeger, l'introduction du nazisme dans la philosophie". Il y a 20 ans, déjà, Victor Farias, dans son livre Heidegger et le nazisme, soulignait l'allégeance du philosophe allemand à l'hitlérisme. Martin Heidegger a été élu par ses pairs, recteur de l'Académie de Fribourg, le 21 avril 1933, poste qu'il occupera un an, puisqu'il démissionera le 24 avril 1934. Par la suite, il aurait gardé un silence de 10 ans, en butte aux tracasseries du régime, c'est la version officielle que le philosophe donnera, après la guerre. François Fédier, dépositaire de la pensée heideggérienne en France et représentant officiel du philosophe allemand dans l'hexagone, parle de "collaboration de circonstance", un accident dans le parcours du penseur. Tel n'est pas l'opinion d'Emmanuel Faye. Hier, dans l'émission de Jean Pierre Elkabach, Bibliothèque Médicis, sur la Chaîne Parlementaire, les deux hommes ont croisé le fer, et force est de constater que les éléments à charge, contre Heidegger, semble sans appel ! Les cours que le philosophe allemand a délivré dans les années 30, récemment édités, sont truffés d'allégeance au nazisme et de propos tendancieux pour ne pas dire scandaleux !  Un historien présent sur le plateau, spécialiste de l'allemagne, Mr Husson, n'a fait que confirmer la compromission d'Heidegger avec le régime nazi. François Fédier n'a pu qu'opposer des arguments bien faiblards pour contrer la thèse de l'accusation, se bornant à essayer de déligitimer le discours de ses contradicteurs en invoquant leur partialité ! Il a souligné, de même, que les archives du philosophe allemand seraient disponibles pour "les chercheurs qui n'auraient pas d'idées préconçues" !! Phrase terrible qui souligne la mauvaise foi de Fédier et sa volonté de contrôler voire de cacher certains textes compromettant du philosophe ...même si il a déclamé, par ailleurs, sa volonté d'éditer tous les écrits du maître de la Forêt Noire !

Se pose alors la question essentielle. Doit-on apprécier l'oeuvre d'un philosophe à la lumière d'un contexte particulier, ou penser que l'oeuvre, en elle même, est a-temporelle et décontextualisée ? Doit-on, sous prétexte que l'oeuvre est magistrale, dédouanner l'auteur de ses actes ?

 

Tag(s) : #Actualité

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