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Qu'il est curieux de voir le petit Nicolas encenser la politique de Tony Blair ! Les deux leaders ont le même sourire carnassier, la même obsession de l'image, la même stratégie. Tony, le travailliste, serrant la mimine de Nico, le gaulliste converti au libéralisme ! Quel curieux échiquier politique européen ...Blair, le chef du New Labour, serait certainement à l'UMP, si il était français. Je sais bien que le pragmatisme anglais ne s'est jamais vraiment bien entendu avec le marxisme dogmatique, et que la société des Fabiens, guidée par les Webb, avec l'aide de George Bernard Shaw et H.G.Wells, prônait un réformisme modéré, opposé à la lutte des classes, mais il est toujours surprenant de voir un parti dit "socialiste" se rallier aux lois du marché !

Blair exception européenne ? Pas vraiment ...en Allemagne, celà fait longtemps que le SPD allemand a rompu avec le marxisme, depuis 1959 et le fameux Congrès de Bad Godesberg. Dernièrement, le vote de l'Agenda 2010, initié par l'ancien chancelier Schröder, mélange d'économie drastique et de libéralisme, n'aurait même pas pu être rêvé par le président de l'UMP !!

Pourquoi cette asymétrie ? Pourquoi la gauche française est-elle aussi éloignée de ses confrères européennes ? Certainement parce que la France, pays de la Révolution Française, a été fortement influencée par le marxisme, notamment par le bais d'un Parti Communiste qui fut, longtemps, une des principales forces de la gauche. Parce que le soviétisme, modèle d'organisation étatique, se rapprochait de notre culture jacobine, dans laquelle l'Etat centralisait, planifiait, ordonnait ! Bref, notre échiquier politique est encore le plus à gauche en Europe, depuis la disparition du PC italien, et de la dérive "libérale" du New Labour, du SPD et du PSOE espagnol. Je me demande de quoi il parle, lorsqu'il se voit à l'Internationale Socialiste !

Cette singularité française génère de nombreux quiproquos, avec nos voisins européens, et s'est traduite par le rejet du Traité Constitutionnel Européen, en 2005, défendu par tous les socialistes du Vieux Continent, excepté par une partie des réformistes français. Mais force est de constater que la nouvelle candidate à la présidentielle, Ségolène Royal, lorgne méchamment vers le blairisme et qu'elle a écarté d'un revers de la main, l'aile-gauche du Parti socialiste, incarnée par Fabius et Jean Luc Mélenchon. Ségo va avoir quelques problèmes à se rabibocher avec ses anciens partenaires de la gauche plurielle, Marie-Georges Buffet a déjà précisé, aujourd'hui, qu'elle ne souhaitait pas gouverner avec Ségolène, en cas de victoire de la charentaise au présidentielle !

Tag(s) : #Politique

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