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Dans la droite lignée d'un Marcel Duchamp qui scandalisait le bon bourgeois et le petit peuple avec ces "ready made", dont le fameux "Urinoir", Andy, brillant publicitaire, fils spirituel de Mac Luhan va influencer Wahrol, l'artiste... La pub est formatrice. Synthèse d'une approche commerciale et esthétique, elle est le nouvel eldorado artistique de la société de consommation ! Golden-boy du prospectus, prophète du message publicitaire, Andy le batteleur va forger Warhol le créateur. Surmonté de sa moumoute blonde platine, l'androgyne new-yorkais va créer sa "Factory" en 1963, son "usine" artistique, qui va produire, industriellement ses créations standardisées. Andy a pigé que sa "fabrique" doit chevaucher plusieurs montures à la fois, pianoter sur tous les mediums pour construire sa légende.

Producteur du groupe, The Velvet Underground, qui lancera Lou Reed, le mannequin "Nico", qui tourna dans la Dolce Vita, de Fellini, et eut un enfant naturel avec Alain Delon, Ari, ou John Cale, il se lancera aussi dans la production de films, une activité dans laquelle il sera extrêment prolixe, comme dans ses autres productions artistiques ! Celà va d'un court-métrage en hommage à Marcel Duchamp, à d'autres oeuvres cinématographiques, bizarroïdes, sans aucune narration, où Warhol s'amuse avec ses objectifs dans un état euphorique proche de la défonce comme dans Mario Banana I et II où un acteur de blanc vêtu, affalé dans un sofa, et surmonté d'une perruche, fait quelques simagrés pour nous séduire ...

Mais c'est en tant que mediateur du Pop Art, mouvement artistique né en Angleterre, que Warhol va rentrer dans le panthéon des célébrités universelles ! Le Pop Art ,rejeton pictural des icônes de notre société de consommation, fils incestueux des objets et des images qui la peuplent, va connaître un succès planétaire. Warhol et ses acolytes comme Raushenberg ou Jasper Johns vont tout simplement transfigurer le produit de consommation courante, l'arracher à sa fonction utilitaire pour l'exposer dans sa dimension artistique. La Campbell Soup, wahrolienne, répondra aux "Cans" de Jasper Johns et se sublimera dans sa Banane ... Mais le clou de son oeuvre sera évidemment, les sérigraphies de Marylin ou du Che, versions colorisées et sucrées répondant à la techicolorisation ou la disneylandisation de l'imaginaire ricain ! Les figures de la révolte comme Guevara étant digérées par la machine à colorer wahrolienne, ramenant le Che de sa figure ontologiquement rebelle à un simple message publicitaire voire un motif décoratif pour l'intérieur "in" d'un bo-bo.

Curieusement, Warhol fut victime d'une tentative d'assassinat, en juin 1968, par une féministe hystérique, auteur d'un manifeste anti-homme, le SCUM Manifesto (Society for Scutting Up Men=association pour mettre les hommes en pièces ), pour une histoire d'un sombre manuscrit "Up your hass", grimoire grotesque que la "chienne de garde" avait refilé au blondin peroxydé ! Miraculé, l'artiste d'affaires aura l'élégance de ne pas témoigner contre cette Valerie Solanas qui finira ses jours dans un hôpital psychiatrique !

Vers la fin de sa vie, ce provocateur de Warhol fut digéré, lui-aussi, par la machine à ingérer US, et deviendra un artiste "officiel", travaillant sur commande.

Epuisé par sa vie mouvementée, grand adepte des paradis artificiels et de la java permanente, l'albinos psychédélique s'éteindra, foudroyé par une crise cardiaque, en 1987. Dommage, Andy aurait été heureux de palper les 6, 1 millions d'euros de la vente de Flowers, 2005.

Tag(s) : #Personnalité

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