"Dans l'obscure intimité du creux de la chaussure est inscrite la fatigue des pas du labeur. Dans la rude et solide pesanteur du soulier est
affermie la lenteet opiniâtre foulée à travers champs, le long des sillons toujours semblables, s'étendant au loin sous la bise. Le cuir est marqué par la terre grasse et humide. Par-dessous les semelles s'étend la solitude du chemin de campagne qui se perd dans le soir. A travers ces chaussures passe l'appel silencieux de la terre, son don tacite du grain mûrissant, son secret refus d'elle-même dans l'aride jachère du champ hivernal. À travers ce produit repasse la muette inquiétude pour la sûreté du pain, la joie silencieuse de survivre à nouveau au besoin, l'angoisse de la naissance imminente, le frémissement sous la mort qui menace. "
Ce texte de Martin Heidegger sur Les chaussures de Van Gogh, extrait de Chemins qui ne mènent nulle part, illustre l'intérêt du philosophe allemand pour la poésie comme moyen
d'accèder à la vérité. A noter que la polémique sur le rôle du philosophe de la forêt Noire sous le nazisme, qui fut même
nommé, durant quelques mois recteur de l'université de Fribourg, a pris une acuité nouvelle avec le livre d'Emmanuel Faye, Heidegger, l'introduction du nazisme
dans la philosophie, et elle est loin d'être éteinte entre les tenants du Heidegger résistant et ceux qui accusent le philosophe de l'Etre et du Temps,
d'avoir collaboré avec le pouvoir nazi !
Ces chaussures me font aussi penser à un Un grand blond, avec une chaussure noire ...
Ces chaussures me font aussi penser à un Un grand blond, avec une chaussure noire ...
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