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Mardi 6 mai 2008
 






























Me voilà en charmante compagnie, à côté de Diane de Poitiers, réprésentée dans son bain par François Clouet, un jour d'été 2007, au Louvre.  Si j'avais entr'aperçu les célèbres collections du célèbre musée, en juillet 1986, alors que je revenais de la lointaine Russie, après un périple Kiev-Moscou-Saint Petersbourg, je n'avais jamais pu apprécier le Grand Louvre, lancé par ce grand bâtisseur que fut Mitterrand, avec sa pyramide de verre, idée géniale de l'architecte américano-chinois Pei, savant alliage entre le mystère égyptien et le raffinement asiatique !
Le Louvre, encadré par la Seine et la Rue de Rivoli, fut une création de la France révolutionnaire, puisque c'est le 6 mai 1791, alors que la guerre pointait à l'horizon, que le musée fut officiellement lancé. Diffuser la culture, éduquer le peuple, était une des priorités de cette Révolution, malgré tous les périls qui la menaçait, notamment la vindicte belliqueuse des monarchies européennes.
Musée le plus visité au monde, avec 8,3 millions de visiteurs, en 2006, la vénérable institution ne peut se parcourir en un seul jour, les 60 000 m2 dédiés aux diverses collections étant bien trop vastes pour notre modeste bipédie ! J'avais bien aimé la Galerie Marly, anciennement Ministère des Finances, déplacé à Bercy, et qui expose, aujourd'hui, de nombreuses créations marmoréennes. La célèbre Joconde m'a presque posé un lapin, puisque devant l'affluence, cosmopolitement moutonnière, mirant le sourire le plus célèbre au monde, je ne pus vraiment m'approcher de la belle italienne, qui suscitait tant de convoitise !
Une journée qui fut donc harassante, pour les jambes, mais légère, pour l'esprit et les sens !
Je peux juste regretter que le budget musée, à Paris, reviennent fort cher, et que dans un pays comme la France, qui vante sa politique éducative, l'accès à la culture soit si onéreux ...On pourrait prendre de la graine en copiant la gratuité des musées londoniens. La libérale perfide Albion, si critiquée, en France, pour son modèle peu social, rendrait donc la culture plus accessible que notre République, grande donneuse de leçons ?
Avant de mirer Mona Lisa, dans tous ses états, testez-vous sur vos connaissanes sur les musées dans le monde, en répondant à ce QUIZZ
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par Tietie007 publié dans : Peinture
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Mardi 12 février 2008
Nu-descendant-la-Canebi-re--Frederic-Clavere--1997.JPGMe voici à Marseille, depuis deux jours, à l'hôtel Le Richelieu, au début de la Corniche John F.Kennedy, avec une superbe vue sur la mer. Hier, je suis allé dire bonjour à la Bonne Mère, en passant par le Vallon des Auffes et Malmousque, aujourd'hui, après un périple à l'Estaque, pittoresque port, cadre privilégié des films de Robert Guédiguian, je suis allé visiter le musée de la Vieille Charité, entre la cathédrale et le  Panier. Ancien hospice superbement rénové, ce musée étalé sur 3 étages offre une magnifique collection d'arts premiers, notamment des masques mexicains et africains, ainsi que d'étonnantes têtes grimées, trophées guerriers pour certaines peuplades océaniennes et sud-américaines, notamment les Asmat de Nouvelle-Guinée et les Mundurucu du Brésil, sans oublier les têtes réduites des Jivaros ! La salle égyptienne, réduite, révèle des pièces exceptionnelles, notamment un buste de Sekhmet léontocéphale de toute beauté !
Au rez-de-chaussée, les collections d'arts contemporains. J'avoue que je suis plutôt un admirateur de la Renaissance italienne et flamande, et que j'aurais tendance à ne jurer que par Giovanni Bellini, Titien, Jérôme Bosch ou Peter Bruegel ...mais je ne suis pas insensible à l'art contemportain, et j'avais adoré le Musée National Picasso, cet été à Paris ou les collections de peintures modernes au Palais de Tokyo. Mais j'avoue que certaines oeuvres me laissent perplexes ...Certes, l'artiste se fait l'écho de son époque, et les compositions picturales reflètent les imaginaires et les changements de mentalité. Lorsqu'on mire un tableau de Véronèse, et ses cadrages en contre-plongée, on comprend très vite que le peintre s'inscrit dans le mouvement humaniste qui mettra l'homme au centre des préoccupations de la renaissance.
Mais lorsque j'observe ce Nu descendant la Canebière de Frédéric Clavère, de 1997, ou ces Deux lignes, un horizon, de Marc Quer, de 1993, qui consiste en une serpière accrochée au mur, je ne vois pas trop l'objectif de l'oeuvre et je me demande même si, il n'y a pas, quelque part, un peu du foutage de gueule !  Malevitch avec son fameux Carré blanc sur fond blanc, ou Marcel Duchamp avec son Urinoir avaient eu le mérite, à leur époque, de provoquer une rupture esthétique radicale, et de nous renvoyer au sens de la démarche artistique. Si l'art contemporain a tendance à toucher l'esprit avant le coeur, je ne vois pas en quoi une paire de "gambettes" croûteuses  et gullivériennes descendant la Canebière ou une serpière pourraient évoquer en nous une quelconque émotion ...et j'ai l'impression qu'aujourd'hui l'art est une activité purement spéculative, qui permet à quelques bourgeois en mal de sensations de se singulariser du vulgaire bon peuple ! Si François Pinault, le milliardaire français, adore les Mickey en inox de Jeff Koons, j'avoue que je mettrais 99,99 % des oeuvres du fantasque américain à la ferraille et que je nettoierai le Palazzo Grassi, avec la serpière de Marc Quer !
Je ne sais pas si la plus longue avenue du monde mérite cet hommage pictural mais répondez à ce QUIZZ sur la peinture, avant d'admirer ce "speed painting", peut-être une future star de l'art contemporain naît devant vous ...au point où on en est !

par Tietie007 publié dans : Peinture
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Samedi 12 janvier 2008
Rhinoc--ros-de-D--rer.png
































Le Rhinocéros d’Albrecht Dürer, gravé en 1515, est étonnant de vérité pour quelqu’un qui n’avait jamais vu l’animal !  Le modèle venait d’Inde ! En effet, Alfonso de Albuquerque, gouverneur de l’Inde Portugaise, à Goa, se vit offrir par un sultan indien, un cadeau royal, un Rhinocéros. La bête fut alors montée sur un bateau, en janvier 1515, et envoyé au Portugal, par le cap de Bonne Espérance, destinée à enrichir la ménagerie du roi Manuel 1er. Arrivé en mai 1515, le Rhinocéros devenu un animal mythique, puisqu’il avait disparu d’Europe depuis 11 siècles, confondu avec la Licorne, fut la véritable attraction du chargement. Animal légendaire revenu des tréfonds du temps, symbole de l’Antiquité puisqu’il avait déjà été décrit par les anciens, comme Pline, Strabon ou Isidore de Séville, le mammifère cornu réveilla la curiosité de tout le continent ! Naturalistes, artistes, vinrent alors admirer cet animal si singulier, bâti comme un char d’assaut. Le roi Manuel décida d’offrir le bestiau au pape Léon X, à qui il avait déjà offert, l'année précédente un éléphant blanc nommé Hannon.
Paré de velours vert, le Rhinocéros prit la mer pour rejoindre les rives du Tibre. Faisant escale près de Marseille, le roi François 1er, juste vainqueur à Marignan, profita de sa villégiature provençale pour venir admirer le mammifère mythique, qui ressemblait tant à un preux chevalier équipé d’une armure médiévale ! Mais au nord de La Spezia, près des côtes de la Ligurie, une tempête soudaine emporta le navire et la pauvre bête, enchaînée, se noya.

 

Dürer s’inspira des croquis fait par quelques artistes, notamment  celui de Giovanni Giacomo Penni, pour construire son Rhinocéros, entre rêve et réalité, puisqu’il en fit une chimère. Nous pouvons remarquer la dent de Narval sur le dos, les pâtes couvertes d’écailles, la queue d’un éléphant et l’armure qui semble métallique !  Gravure qui conjugue étude naturaliste et légende, le Rhinocéros de Dürer souligne l’air du temps. S’arrachant des canons de l’Eglise, l’art se libère, progressivement, de sa gangue religieuse, en délaissant les motifs bibliques pour s’attacher à la description de la réalité.  La révolution des esprits étaient en marche ! Espérons seulement que le Rhinocéros, férocement chassé pour sa corne, ne devienne pas un animal vraiment chimérique !
Avant de mirer le supplice que subit cette femelle Rhino, répondez au QUIZZ sur les animaux d'Afrique !


par Giraud Thierry publié dans : Peinture
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Samedi 27 octobre 2007
Baigneur----Asni--res-copie-2.jpg





























Le National Gallery de Londres, un des plus grands musées du monde, concentre  les plus grands chefs d'oeuvre de l'Occident,  notamment les plus grands peintres  de la Renaissance.  Dans ce dédale de pièces décorées  avec des tableaux de maître,  les Baigneurs à Asnières, de Georges Seurat, m'ont particulièrement touché.  Le peintre  parisien, sombre génie, vivant quasiment reclu,  loin du monde des hommes, a déployé durant sa courte vie, des trésors picturaux qui ont fondé l'école dite "pointilliste".  Une quiétude diaphane  illumine son  tableau,  après-midi champêtre au bord de la Seine, où  baigneurs et plaisanciers se délectent  d'une lumineuse journée d'été.
Seurat a été honoré par nos voisins d'outre-atlantique, avec une comédie musicale, Sunday in the park with George, en l'honneur d'un autre célèbre tableau du peintre, Un après-midi sur l'île de la Grande JatteAsnières est devenue célèbre avec son fameux 22, numéro de téléphone demandé par un certain Fernand Raynaud !

 


par Giraud Thierry publié dans : Peinture
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Samedi 29 septembre 2007
Les-souliers-de-Van-Gogh.jpg"Dans l'obscure intimité du creux de la chaussure est inscrite la fatigue des pas du labeur. Dans la rude et solide pesanteur du soulier est affermie la lente
et opiniâtre foulée à travers champs, le long des sillons toujours semblables, s'étendant au loin sous la bise. Le cuir est marqué par la terre grasse et humide. Par-dessous les semelles s'étend la solitude du chemin de campagne qui se perd dans le soir. A travers ces chaussures passe l'appel silencieux de la terre, son don tacite du grain mûrissant, son secret refus d'elle-même dans l'aride jachère du champ hivernal. À travers ce produit repasse la muette inquiétude pour la sûreté du pain, la joie silencieuse de survivre à nouveau au besoin, l'angoisse de la naissance imminente, le frémissement sous la mort qui menace.
"

Ce texte de Martin Heidegger sur Les chaussures de Van Gogh, extrait de Chemins qui ne mènent nulle part, illustre l'intérêt du philosophe allemand pour la poésie comme moyen d'accèder à la vérité. A noter que la polémique sur le rôle du philosophe de la forêt Noire sous le nazisme, qui fut même nommé, durant quelques mois recteur de l'université de Fribourg, a pris une acuité nouvelle avec le livre d'Emmanuel Faye, Heidegger, l'introduction du nazisme dans la philosophie, et elle est loin d'être éteinte entre les tenants du Heidegger résistant et ceux qui accusent  le philosophe de l'Etre et du Temps, d'avoir collaboré avec le pouvoir nazi !
Ces chaussures me font  aussi penser à un Un grand blond, avec une chaussure noire ...

 






par Giraud Thierry publié dans : Peinture
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