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Peinture

Mardi 16 janvier 2007 2 16 01 2007 15:50

J'ouvre mon blog par la peinture du Palais Ducal à Venise par Canaletto. Venise, cité lacustre hors du temps, flottant sur l'écume de l'histoire, insensible à la furia des siècles ! Venise est un rêve, une promesse de félicité, un désir d'éternité ! Sentiment unique que voguer dans la Cité des Doges, immuable et muette. Venise sous la neige, un dimanche de l'année 2003, foudroyé par la messe du Carême, dans l'Eglise des Frari, réchauffé par le poêle d'Al Paradiso Perduto, à Cannareggio, Fondamenta della Misericordia, pendant que le personnel préparait, devant nous, la cuisine du soir, en sirotant un "vino" du coin ! Le patron sympathiquement vénitien, avait fermé sa "trattoria", nous laissant vaquer, à notre guise, dans son humble local. "El pirato", un matou hirsute était venu se lover sur nos genoux réchauffés ! Inoubliable !

Par Giraud Thierry
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Lundi 22 janvier 2007 1 22 01 2007 09:45

 Guido di Pietro est né un matin de 1387, dans la petite ville de Vicchio di Mugello. Entré très jeune chez les Dominicains observants, il fera voeu de pauvreté et d'ascétisme. Formé à l'art pictural par Lorenzo Monaco (deux de ses oeuvres majeures, L'adoration des Mages, et le Couronnement de la Vierge, sont à La Galerie des Offices, à Florence, je m'en rappelle d'autant plus que nous avions du attendre 5 heures avant de rentrer dans le prestigieux musée florentin ! ), ses compositions chromatiquement très riches, baignées d'une lumière céleste se pareront d'une élégance mystique.

Son Annonciation, marquée par la tradition de la thématique biblique, annonce des temps nouveaux. On peut y remarquer le rendu des drapés, le soin du détail, et surtout, la perspective qui structure le tableau avec, derrière la Vierge, un cadre dans le cadre (Le banc) et sur la gauche, ce qui ressemble au Jardin d'Eden avec Adam et Eve. Le réalisme dans les détails rompt avec l'idéalisation picturale d'un Giotto ou d'un Monaco et annonce le triomphe de l'Humanisme naissant et du Quattrocento !

Travaillant surtout à Florence, Cosme de Médicis l'invite à décorer le Couvent San Marco, dans la ville Toscane. L'édifice religieux, que l'on peut toujours visiter, déploie le génie pictural du peintre dominicain. 5 ans plus tard, le Pape Eugène IV le fait venir à Rome où il mourra en 1455.

Condition mortelle de l'homme, immortalité de l'artiste ! En 1984, il est béatifié par le pape Jean Paul II et proclamé Saint Patron des artistes.

 

Par Giraud Thierry
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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 01 2007 12:35

 Mon dieu quel peut être le lien entre ces trois personnages si différents .... la ville de Capri ? Bingo !

Hamilton Maccallum (1841-1896) est un digne représentant de l'Ecole anglaise, avec ses fameux "landscape". J'avais beaucoup aimé ce "Capri Boy" (1883), exposé à Londres, au Tate Britain, temple de la peinture anglaise et notamment de Turner. Ces variations bleutées autour d'un adolescent pêchant dans les eaux italiennes sont "azurement" étonnantes !

Gorki ? L'écrivain russe, qui suivit le sillon tracé par les bolcheviques, dut, pour des raisons médicales, s'exiler un temps dans l'île paradisiaque, dans les années 20. Il incarna toutes les ambiguïtés de l'intellectuel russe, taraudé par sa fidélité à la Révolution bolchevique et par son désir de liberté artistique. Devenu, à son retour de Capri en URSS, président de l'Union des écrivains soviétiques, choyé par Staline, le doute le minera, durant la Grande Terreur. Il meurt en juin 1936, peut-être assassiné par les médecins du Petit Père des Peuples.

Dernièrement, Jean-Marie Rouart, de l'Académie Française, a pu faire jouer sa pièce, Gorki, l'exilé de Capri, dans un théâtre de Moscou, le 30 octobre 2006, puis, à l'Espace Pierre Cardin, à Paris, jusqu'en janvier 2007 (cliquez ici pour voir la bande annonce de la pièce).

Mais Capri,  a aussi inspiré l'ineffable Hervé Vilard, chanteur de variétés, à l'air de chien battu, qui fit vibrer les coeurs des jeunes filles avec son "Capri, c'est fini ..." . 1965, déjà ... A noter que le léger Hervé est le fils adoptif de Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, marchand d'art (il découvrit Jean Dubuffet), et est l' auteur d'une bibliographie monumentale du grand résistant !

 

Par Giraud Thierry
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Mercredi 14 février 2007 3 14 02 2007 17:02
Alors que la Renaissance italienne se déploie, célébrant le nouvel humanisme, consacrant les cités telles Venise ou Florence, dans le Nord, en Hollande, un courant pictural annonce les bouleversements futurs.
Jan Van Eyck (1390-1441), peintre hollandais, au service des grands de ce monde, dont Philippe le Bon, va s'arracher de la vision religieuse du monde, refusant les "annonciations" ou la représentation de la vie des saints, pour s'adonner à une peinture réaliste et séculière. Son chef d'oeuvre, Les époux Arnolfini, exposé au National Gallery de Londres, nous montre un couple de bourgeois bataves dans un intérieur cossu, annonciateur d'un déplacement du capitalisme mondial des cités italiennes vers le Nord de l'Europe. Ici, aucune référence biblique, mais une précision dans les détails qui annonce la sécularisation de la peinture et jusqu'à la Réforme protestante, et notamment le calvinisme, qui bannira les images sacrés ! Les artistes et l'art ont toujours devancé les révolutions!
Par Giraud Thierry
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Lundi 9 avril 2007 1 09 04 2007 11:15























Le camp des Milles pour les étrangers, ouvert en septembre 1939 et fermé en 1943, a interné de nombreux peintres germaniques. De Robert Liebknecht, fils du leader spartakiste, travaillant aux Editions Braun, au célèbre peintre surréaliste Max Ernst, en passant par Dietz Edzard. Né en 1893, à Brême, Edzard fera ses études avec Max Beckmann, à Berlin, en 1911.  Il voyagea par la suite aux Pays-Bas, en France, avant de s'installer à Anthéor, près de Saint Raphaël. Interné aux Milles, il se consacrera entièrement à la peinture, bénéficiant d'un régime de faveur, puisque sa femme pouvait venir le voir. Il fera des nombreux portraits des officiers du camp, dont le capitaine Goruchon, et ses "Fleurs des Milles" représentant une belle jeune fille aux quatre saisons.
Le style du peintre s'inspire de l'impressionnisme. J'aime bien des tableaux comme Le Borgne, (1919) qui tranche avec son Port de Bordeaux (1930), ci-dessus, son  Nu en peignoir (1933), ou son "Lemonade Stand in Tuileries" (1953).
Par Giraud Thierry
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Mardi 10 avril 2007 2 10 04 2007 15:14
Je me souviendrai longtemps du Musée des Offices, à Florence ! Entre le Ponte-Vecchio et la Piazza de la Signora, où trône le majestueux Neptune, au bout d'un couloir où les grands noms de la cité toscane vous toisent  du haut de leur figure marmoréenne. Donatello, Léonard, Machiavel, Michel Ange, vous accompagnent dans leur expression muette vers ce temple de l'art pictural !
5 heures de file ...pour rentrer dans les "Uffizi" ! Coincé entre un couple d'australien et des lycéens espagnols, je m'étais évertué  à meubler cette attente matinale en écrivant des dizaines de missives éspistolaires !
Mais le jeu en valait la chandelle. Le musée florentin nous fait mirer les trésors de la Renaissance italienne, des primitifs au quintocento, de Lorenzo Monaco, à Botticelli, en passant par Fra Angelico, Léonard et Michel-Ange !
Un autre clou du musée, et cette "Tête de Méduse", un tendo, du Caravage. Le peintre italien (1571-1610), qui mènera une vie de mauvais garçon, "sodomite" et bagarreur, s'épuisant dans une vie de plaisir et de rixes, sera le "pape" du clair-obscur, jouant avec l'ombre et la lumière, métaphore de sa personnalité tourmentée. Son naturalisme érotique, sa peinture sensuelle, comme dans son Garçon au panier de fruits ou son Bacchus, seront un affront aux moeurs de l'époque !



Par Giraud Thierry
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Samedi 29 septembre 2007 6 29 09 2007 15:47
Les-souliers-de-Van-Gogh.jpg "Dans l'obscure intimité du creux de la chaussure est inscrite la fatigue des pas du labeur. Dans la rude et solide pesanteur du soulier est affermie la lente
et opiniâtre foulée à travers champs, le long des sillons toujours semblables, s'étendant au loin sous la bise. Le cuir est marqué par la terre grasse et humide. Par-dessous les semelles s'étend la solitude du chemin de campagne qui se perd dans le soir. A travers ces chaussures passe l'appel silencieux de la terre, son don tacite du grain mûrissant, son secret refus d'elle-même dans l'aride jachère du champ hivernal. À travers ce produit repasse la muette inquiétude pour la sûreté du pain, la joie silencieuse de survivre à nouveau au besoin, l'angoisse de la naissance imminente, le frémissement sous la mort qui menace.
"

Ce texte de Martin Heidegger sur Les chaussures de Van Gogh, extrait de Chemins qui ne mènent nulle part, illustre l'intérêt du philosophe allemand pour la poésie comme moyen d'accèder à la vérité. A noter que la polémique sur le rôle du philosophe de la forêt Noire sous le nazisme, qui fut même nommé, durant quelques mois recteur de l'université de Fribourg, a pris une acuité nouvelle avec le livre d'Emmanuel Faye, Heidegger, l'introduction du nazisme dans la philosophie, et elle est loin d'être éteinte entre les tenants du Heidegger résistant et ceux qui accusent  le philosophe de l'Etre et du Temps, d'avoir collaboré avec le pouvoir nazi !
Ces chaussures me font  aussi penser à un Un grand blond, avec une chaussure noire ...

 






Par Giraud Thierry
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Samedi 27 octobre 2007 6 27 10 2007 11:59
Baigneur----Asni--res-copie-2.jpg





























Le National Gallery de Londres, un des plus grands musées du monde, concentre  les plus grands chefs d'oeuvre de l'Occident,  notamment les plus grands peintres  de la Renaissance.  Dans ce dédale de pièces décorées  avec des tableaux de maître,  les Baigneurs à Asnières, de Georges Seurat, m'ont particulièrement touché.  Le peintre  parisien, sombre génie, vivant quasiment reclu,  loin du monde des hommes, a déployé durant sa courte vie, des trésors picturaux qui ont fondé l'école dite "pointilliste".  Une quiétude diaphane  illumine son  tableau,  après-midi champêtre au bord de la Seine, où  baigneurs et plaisanciers se délectent  d'une lumineuse journée d'été.
Seurat a été honoré par nos voisins d'outre-atlantique, avec une comédie musicale, Sunday in the park with George, en l'honneur d'un autre célèbre tableau du peintre, Un après-midi sur l'île de la Grande JatteAsnières est devenue célèbre avec son fameux 22, numéro de téléphone demandé par un certain Fernand Raynaud !

 


Par Giraud Thierry
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Samedi 12 janvier 2008 6 12 01 2008 13:38
Rhinoc--ros-de-D--rer.png
































Le Rhinocéros d’Albrecht Dürer, gravé en 1515, est étonnant de vérité pour quelqu’un qui n’avait jamais vu l’animal !  Le modèle venait d’Inde ! En effet, Alfonso de Albuquerque, gouverneur de l’Inde Portugaise, à Goa, se vit offrir par un sultan indien, un cadeau royal, un Rhinocéros. La bête fut alors montée sur un bateau, en janvier 1515, et envoyé au Portugal, par le cap de Bonne Espérance, destinée à enrichir la ménagerie du roi Manuel 1er. Arrivé en mai 1515, le Rhinocéros devenu un animal mythique, puisqu’il avait disparu d’Europe depuis 11 siècles, confondu avec la Licorne, fut la véritable attraction du chargement. Animal légendaire revenu des tréfonds du temps, symbole de l’Antiquité puisqu’il avait déjà été décrit par les anciens, comme Pline, Strabon ou Isidore de Séville, le mammifère cornu réveilla la curiosité de tout le continent ! Naturalistes, artistes, vinrent alors admirer cet animal si singulier, bâti comme un char d’assaut. Le roi Manuel décida d’offrir le bestiau au pape Léon X, à qui il avait déjà offert, l'année précédente un éléphant blanc nommé Hannon.
Paré de velours vert, le Rhinocéros prit la mer pour rejoindre les rives du Tibre. Faisant escale près de Marseille, le roi François 1er, juste vainqueur à Marignan, profita de sa villégiature provençale pour venir admirer le mammifère mythique, qui ressemblait tant à un preux chevalier équipé d’une armure médiévale ! Mais au nord de La Spezia, près des côtes de la Ligurie, une tempête soudaine emporta le navire et la pauvre bête, enchaînée, se noya.

 

Dürer s’inspira des croquis fait par quelques artistes, notamment  celui de Giovanni Giacomo Penni, pour construire son Rhinocéros, entre rêve et réalité, puisqu’il en fit une chimère. Nous pouvons remarquer la dent de Narval sur le dos, les pâtes couvertes d’écailles, la queue d’un éléphant et l’armure qui semble métallique !  Gravure qui conjugue étude naturaliste et légende, le Rhinocéros de Dürer souligne l’air du temps. S’arrachant des canons de l’Eglise, l’art se libère, progressivement, de sa gangue religieuse, en délaissant les motifs bibliques pour s’attacher à la description de la réalité.  La révolution des esprits étaient en marche ! Espérons seulement que le Rhinocéros, férocement chassé pour sa corne, ne devienne pas un animal vraiment chimérique !
Avant de mirer le supplice que subit cette femelle Rhino, répondez au QUIZZ sur les animaux d'Afrique !


Par Giraud Thierry
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Mardi 12 février 2008 2 12 02 2008 17:13
Nu-descendant-la-Canebi-re--Frederic-Clavere--1997.JPG Me voici à Marseille, depuis deux jours, à l'hôtel Le Richelieu, au début de la Corniche John F.Kennedy, avec une superbe vue sur la mer. Hier, je suis allé dire bonjour à la Bonne Mère, en passant par le Vallon des Auffes et Malmousque, aujourd'hui, après un périple à l'Estaque, pittoresque port, cadre privilégié des films de Robert Guédiguian, je suis allé visiter le musée de la Vieille Charité, entre la cathédrale et le  Panier. Ancien hospice superbement rénové, ce musée étalé sur 3 étages offre une magnifique collection d'arts premiers, notamment des masques mexicains et africains, ainsi que d'étonnantes têtes grimées, trophées guerriers pour certaines peuplades océaniennes et sud-américaines, notamment les Asmat de Nouvelle-Guinée et les Mundurucu du Brésil, sans oublier les têtes réduites des Jivaros ! La salle égyptienne, réduite, révèle des pièces exceptionnelles, notamment un buste de Sekhmet léontocéphale de toute beauté !
Au rez-de-chaussée, les collections d'arts contemporains. J'avoue que je suis plutôt un admirateur de la Renaissance italienne et flamande, et que j'aurais tendance à ne jurer que par Giovanni Bellini, Titien, Jérôme Bosch ou Peter Bruegel ...mais je ne suis pas insensible à l'art contemportain, et j'avais adoré le Musée National Picasso, cet été à Paris ou les collections de peintures modernes au Palais de Tokyo. Mais j'avoue que certaines oeuvres me laissent perplexes ...Certes, l'artiste se fait l'écho de son époque, et les compositions picturales reflètent les imaginaires et les changements de mentalité. Lorsqu'on mire un tableau de Véronèse, et ses cadrages en contre-plongée, on comprend très vite que le peintre s'inscrit dans le mouvement humaniste qui mettra l'homme au centre des préoccupations de la renaissance.
Mais lorsque j'observe ce Nu descendant la Canebière de Frédéric Clavère, de 1997, ou ces Deux lignes, un horizon, de Marc Quer, de 1993, qui consiste en une serpière accrochée au mur, je ne vois pas trop l'objectif de l'oeuvre et je me demande même si, il n'y a pas, quelque part, un peu du foutage de gueule !  Malevitch avec son fameux Carré blanc sur fond blanc, ou Marcel Duchamp avec son Urinoir avaient eu le mérite, à leur époque, de provoquer une rupture esthétique radicale, et de nous renvoyer au sens de la démarche artistique. Si l'art contemporain a tendance à toucher l'esprit avant le coeur, je ne vois pas en quoi une paire de "gambettes" croûteuses  et gullivériennes descendant la Canebière ou une serpière pourraient évoquer en nous une quelconque émotion ...et j'ai l'impression qu'aujourd'hui l'art est une activité purement spéculative, qui permet à quelques bourgeois en mal de sensations de se singulariser du vulgaire bon peuple ! Si François Pinault, le milliardaire français, adore les Mickey en inox de Jeff Koons, j'avoue que je mettrais 99,99 % des oeuvres du fantasque américain à la ferraille et que je nettoierai le Palazzo Grassi, avec la serpière de Marc Quer !
Je ne sais pas si la plus longue avenue du monde mérite cet hommage pictural mais répondez à ce QUIZZ sur la peinture, avant d'admirer ce "speed painting", peut-être une future star de l'art contemporain naît devant vous ...au point où on en est !

Par Tietie007
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