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Cinéma

Mardi 16 janvier 2007

 

 

 

La sculpturale Yvonne de Carlo vient de nous quitter le 11 janvier 2007, à l'âge de 84 ans. Ce nom ne vous dit certainement pas grand chose, et il faut dire que j'ai été séduit, moi-même, par cette actrice, il y a seulement quelques semaines. Sur les conseils du vénérable cinéphile, René Teboul, spécialiste d'histoire des idées économiques, joueur d'échecs et cinéphile passionné, écrivain à ses heures perdues, j'ai visionné le magnifique "Pour toi j'ai tué" (Criss Cross) de Robert Siodmak, où elle envoûte littéralement le beau Burt Lancaster dans une Rumba d'une sensualité torride, et celà dès 1948 ! Le film de Siodmak, d'une modernité étonnante pour l'époque, ferait passer les meilleurs Hitchcock pour des antiquités bien "gentillettes" ! Elle retrouvera le grand Burt, dans le film de Jules Dassin, Les Démon de la liberté et connaîtra les sommets avec son rôle dans les Dix Commandements, de Cecil B.De Mille. Par la suite, la belle Yvonne se consacrera plutôt à sa vie de famille, faisant des apparitions dans les séries TV, notamment dans The Munsters, une variante de la Famille Adams.

Yvonne s'en est allée retrouver Burt, pour une dernière Rumba !

 

Par Giraud Thierry
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Mercredi 17 janvier 2007

 Curieux film que Vivre et laisser mourir, un James Bond atypique, réalisé par le réalisateur britannique, Guy Hamilton, qui se passe à Harlem, à New York. Le Big Méchant, joué par Yaphet Kotto, est une sorte de docteur-gourou-trafiquant de drogue tiers-mondiste, assisté par une belle cartomancienne, Jane Seymour (l'héroïne de la série TV, Dr Quinn, femme médecin), et un colosse black , Tee Hee, joué par Julius Harris, qui possède une pince en acier en lieu et place de la main droite ! Le 1er JB, joué par Roger Moore,  donc le clou est la scène des crocodiles, n'est certainement pas le meilleur de la série, s'articulant sur une thématique sociale et politique, le problème noir aux USA, qui est rare dans un James Bond ! Cet opus restera surtout célèbre par son générique de début, Live and Let Die, chanté par Paul Mc Cartney, repris, plus tard, dans  l'émission politique, L'heure de vérité, animée par le regretté François Henri de Virieu puis par les Gun's and Roses !

Par Giraud Thierry
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Dimanche 21 janvier 2007

 Orson Welles fut la figure paradigmatique de l'artiste maudit. Célébré par la critique, ignoré par le grand public, tel sera son destin !

Rentré dans l'histoire dans une émission radiophonique, le 30 octobre 1938, où il provoqua une panique aux USA en faisant croire à une invasion martienne (Allégorie préfigurant l'invasion nazie, un an plus tard), Welles sera alors embauché par les studios RKO. Citizen Kane, qui révolutionna la narration cinématographique, sera un échec commercial, comme son second film, la Splendeur des Amberson, remontée par Robert Wise après le mécontentement des pontes de la RKO.

En 1948, l'échec commercial de la Dame de Shangaï, tournée avec Rita Hayworth, en blonde platine, consacrera sa mis à l'écart du cinéma américain. Exilé en Europe, il mettra 4 ans pour réaliser Othello, surtout pour des problèmes financiers. En 1958, sous la pression de Charlton Heston, le studio Universal le désigne pour réaliser la Soif du Mal. Ce film-noir dont la scène introductive est restée culte ne plaira pas au Studio, ce sera son dernier film américain. Welles était trop en avance sur son temps, le grand public n'adhèra jamais vraiment à son génie esthétique.

Falstaff, nouvel opus shakespearien, en 1965, sera sa dernière réalisation. Il se contentera, par la suite, de faire des apparitions dans des films prestigieux comme dans Paris brûle-t-il de René Clément ou La Décade prodigieuse, en traînant sa lourde silhouette dans un nuage de Havane.

Regardez la  magnifique scène d'introduction, étudiée dans toutes les écoles de cinéma :

 

 

Par Giraud Thierry
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Dimanche 28 janvier 2007

Leone revisite la légende de l'Ouest. Après sa trilogie des dollars, où il avait cassé le code narratif du western hollywoodien, déjà entamé par Peckinpah, il va nous donner une nouvelle symphonie dans ce film qui est une oeuvre d'art totale. Le réalisateur italien avait déjà pris le contre-pied du western classique qui s'appuyait sur un univers manichéen où les bons et les méchants étaient clairement identifiés et sur des thématiques récurrentes comme la loi, la famille, le travail. Certes, des réalisateurs comme Delmer Daves, dans la Dernière Caravane, comme Ford, dans la Prisonnière du désert, Aldrich dans Bronco Apache, et bien sûr la lance brisée de Dmytrik, avaient déjà remis en cause la thématique du western classique mais sans s'en démarquer formellement.

Chez le cinéaste italien, la forme prime presque le fond ! Les silences, les bruits, ce tempo narratif très "pianissimo", certains parleront de dilatation du temps, ces gros plans qui subliment les regards et résument les hommes dans leur portrait (Leone réintroduit le portrait dans ce film,un Titien des temps modernes !) ou leur regard (Leone avait paraît-il, embauché Henry Fonda pour son regard bleu-azur.) se déploient dans la fabuleuse scène d'exposition inaugurale sans aucun dialogue qui dure plusieurs minutes, dans un temps suspendu et un univers sonore d'un hiératisme total! Pour moi, une des plus belles scènes d'exposition de l'histoire du cinéma ! On peut voir, d'ailleurs, dans le duel inaugural, une sorte de clin d'oeil de Leone au western classique. 2 des outlaws sont joués par Woody Strode, le Sergent Noir, et par Jack Elam un de ses seconds rôles qui a traîné sa face de bouledogue dans nombre de westerns de la grande époque. Le cinéaste italien dans cette scène inaugurale tue un peu le père ...

Tout le film est basé sur le temps, la mémoire ici, et la vengeance. Thèmes très léoniens, puisqu'on les retrouvera dans les deux autres "Il était une fois ...". L'énigmatique Harmonica, le silencieux Charles Bronson se résume au son mélancolique de son instrument, l'Harmonica et à ces flash-back, souvenir douloureux d'une tragédie familiale ! Bronson incarne ici l'antithèse du personnage léonien, mu, la plupart du temps, par l'intérêt et la cupidité. Claudia Cardinale décide de se marier pour assurer ses vieux jours, Henry Fonda est mu uniquement par l'attrait de l'argent, et de la puissance, qui s'incarnent magnifiquement dans Morton, joué par Gabriele Ferzetti.

La puissance évocatrice de Leone se joue sur un triple plan :

- les mouvements de caméra, avec des plans séquences superbes qui figent l'Ouest américain dans son immensité immaculé. Le maître italien a révolutionné la grammaire cinématographique du western, pour moi, il est d'un niveau d'un Welles !

- un thème musical lyrique, concocté par maître Morricone, mélancolique et épique qui charpente l'histoire, et projette le film dans une 4eme dimension, celle du temps perdu ! Je trouve Leone très proustien dans son rapport au temps ! Curieusement, la musique dans les westerns classiques n'a pas de statut propre. Souvent issu du répertoire du folklore américain, elle n'est là, souvent, que pour clore l'histoire. Pour le cinéaste italien, le thème musical est un élément à part entière d'un film et joue un rôle fondamental dans la narration.

- le duel Fonda/Bronson.

Le maître italien a eu une intuition géniale en embauchant le grand Henry Fonda dans un rôle à contre-emploi. Tout le mauvais génie de Franck se réduit à la scène de l'attaque de la ferme où le regard de l'enfant et du tueur se croisent, laissant deviner l'issue fatale de cette rencontre. L'acteur américain avouera, plus tard, que si le film n'avait pas connu le succès attendu, aux USA, c'est que le public américain ne pouvait se résoudre à voir Henry le "gentleman" en tueur d'enfant ! Leone avait besoin de ce regard bleu-azur ! (D'ailleurs lorsque Fonda est arrivé sur le lieu de tournage, il avait des lentilles qui obscurcissait son regard, Leone lui fit vite lever !). Cette scène là va rompre définitivement les amarres avec le western classique.

L'objet de la future vengeance est magnifiquement joué par Bronson, au visage buriné, les yeux mi-clôs, silencieux et énigmatique qui possède un singulier pouvoir d'ubiquité, et dont la présence se signale par le thème musical lancinant d'un Harmonica. Trouvaille géniale de Leone, qui associe un personnage à une musique (procédé qu'il avait déjà utilisé dans la trilogie des dollars, avec la boîte à musique.), renforçant la dimension evanescente d'un Bronson hiératique ! Claudia Cardinale (à noter que le parcours jusqu'à sa nouvelle demeure se fait parmi les majestueux paysages de Monument Valley, clin d'oeil à John Ford.) en péripatéticienne repentie, joue merveilleusement bien cette veuve solitaire, malmenée par les histoires sordides des hommes. Son alter-ego masuclin est joué par Jason Robards, le Cheyenne, bandit au grand coeur si différent de la beauté vénéneuse d'un Fonda ou de la solitude splendide d'un Bronson. Fonda est rongé par le désir de puissance, Bronson par sa quête de vengeance. Seuls Claudia et le Cheyenne ont l'humanité des gens simples. Le personnage de Morton est la version, plus civilisée et capitalistique, de Franck. Morton qui dirige par l'argent, qui pense que tout s'achète et que les valeurs humaines valent peu par rapport au billet vert, sera victime du désir de pouvoir de Franck. On en vient même, dans sa dernière confrontation avec Fonda, à avoir pitié de lui !

La fresque léonienne va se résoudre dans un duel final, quintessence du western, affrontement singulier où les vertus guerrières priment sur la loi. Sublimé par les gros plans, les regards, Leone n'a pas son pareil pour filmer ce genre de scènes (Rappelons-nous le duel final dans Le Bon, la Brute, et le Truand.).

La scène finale, qui voit Claudia Cardinale apporter de l'eau aux ouvriers du chemin de fer, termine ce grand western sur une note d'optimisme. Derrière la tragédie de la vengeance, la vie reprend ses droits.

Merci, Maître !

Par Giraud Thierry
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Jeudi 1 février 2007
 

Je ne peux pas m'empêcher de vous montrer la scène d'exposition, l'incipit, la scène inaugurale, des Choses de la vie, de Claude Sautet, variation sur la fatalité, le destin qui vous frappe au coin d'un tournant et qui se fige dans une roue bondissante finissant sa trajectoire singulière dans un recoin herbeux.

La scène de l'arrivée à l'hôpital, des souvenirs qui se percutent, des moments heureux qui vous échappent ... et la nuit ..

Un duo Piccoli-Schneider inoubliable, certainement le meilleur film de Claude Sautet.

 

Par Giraud Thierry
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Lundi 5 février 2007
Le 14eme Festival du film fantastique de Gerardmer qui a succédé au Festival d'Avoriaz, depuis 1993, se déroule en ce moment. Avoriaz fut durant 20 ans le rendez-vous de tous les fans du fantastique et de l'horreur. De nombreux metteurs en scène prometteurs furent récompensés dans la station savoyarde :
Duel de Steven Spielberg, en 1973, fut le premier lauréat.
Soleil Vert, de Richard Fleischer, en 1974, avec Charlton Heston.
Phantom of the paradise de Brian de Palma, en 1975.
Elephant Man de David Lynch, en 1981.
Mad Max 2 de George Miller, en 1982, avec Mel Gibson.
Dark Crystal de Frank Oz et Jim Henson, en 1983, devant le Dernier Combat, magnifique film de Luc Besson, son premier et certainement son meilleur !!
Terminator de James Cameron, en 1985.
Blue Velvet de David Lynch en 1987.
Hidden de Jack Sholder, en 1988, où l'on retrouve le héros lynchien Kyle McLahan et la pulpeuse Claudia Christian et qui devança Robocop !
Jusqu'au Braindead, qui lança Peter Jackson, en 1993. ...dans un film "gore" délirant, où le héros du film découpe une armée de zombie avec une tondeuse ...
Depuis 1993, Gerardmer a repris le flambeau, mais la magie d'Avoriaz restera à jamais présente.
Par Giraud Thierry
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Samedi 17 février 2007
1984, il y à 23 ans que j'ai vu le dernier opus de Sergio Léone, Il était une fois en Amérique. Le réalisateur italien a attendu 13 ans pour terminer sa trilogie.

Le film le plus mélancolique des 3 opus léoniens, avec un pessimisme qui caractérisait, déjà, les précédents films. Le maître italien revient sur son thème favori, la mémoire et le temps. Ce regard émouvant sur un passé révolu, sur la fraternité d'une bande de copains, soudée par la lutte quoditienne pour la survie, dans ce quartier difficile de New York, magnifié par le lyrisme de la musique de Morricone. Cette amitié entre deux amis, Noodles//De Niro et Max//James Woods ; un, qui veut maintenir le groupe d'origine contre vents et marées, l'autre, l'ambitieux, qui rêve de monter les échelons de l'échelle sociale, festoyer à la table des puissants. Entre un  Noodles qui rêve d'un bonheur simple, se résignant à la fatalité de sa condition et Max qui arrivera au sommet, en trahissant tous ses idéaux de jeunesse, il ne restera que le souvenir évanescent, d'un bonheur juvénile partagé, dans les rues crasseuses du quartier juif de New-York, et le visage doux de Deborah, dont la grâce juvénile fuira  De Niro, amour d'adolescence, pour se réfugier sous l'aile protectrice  du puissant Max.


Le regard final, d'un De Niro opiomane, perdu dans le vertige de la mémoire et s'épuisant dans un rictus hilare, promesse d'un retour à l'âge d'or de l'enfance, se dissout dans les volutes brumeuses du passé.

Mais le souvenir de la délicieuse Deborah restera à jamais.

 








 
Par Giraud Thierry
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Dimanche 25 février 2007

Aujourd'hui, les multiplex sont plutôt des supermarchés de la consommation cinématographique, où l'on consomme de l'image et du pop-corn ! Impossible de rester assis pour regarder une deuxième fois le film, comme on pouvait le faire, il y a 20 ans en arrière, rentabilité oblige. L'assistance, loin d'être recueillie dans un silence immaculé, est souvent bruyante, voire frondeuse. Bruit de mangeaille de pop-corn, de sonneries exotiques de portable, de rires adolescents, voire d'applaudissements intempestifs, il devient difficile de regarder un film, dans une salle, sans perturbations sonores diverses et variées, signe évident que le spectacle visuel est devenu banal !

D'ailleurs l'architecture des cinémas a bien changé. Je me rappelle du cinéma Rex à Aix en Provence, avec son balcon majestueux, où certains autres salles, véritables cathédrales vouées à la célébration des dieux de l'écran.

La sécularisation de ce spectacle sacré, religieux, qu'était le cinéma jusqu'à la fin des années 60, est aujourd'hui évidente. Les stars étaient des demi-dieux, dont la dimension céleste était renforcée par leur rareté ! Aujourd'hui les étoiles ont disparu ...trop présentes sur nos écrans, sur les journaux people, trop accessibles au commun des mortels. La Télévision est évidemment passée par là, banalisant le spectacle cinématographique avec les centaines de chaînes qui innondent le PAF de leur productions filmiques incertaines !
J'ai connu, enfant, cette époque où la rareté des films à la TV, donnait au cinéma une dimension quasi religieuse et où un film était regardé dans un silence recueilli !

Par Giraud Thierry
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Mercredi 28 mars 2007
Le 28 mars 1933, le Docteur Goebbels ministre de la Propagande et de l'Information d'Hitler convoque, dans son bureau, le réalisateur de Métropolis, de M le Maudit, Fritz Lang.  Le porte-voix du Führer propose alors au cinéaste la direction du cinéma allemand. Lang, étonné, lui rétorque qu'il a du sang juif ...Goebbels, impertubable, lui signifie que ce sont les nazis qui décident qui est juif ou pas !
Lang demande alors quelques jours de réflexion. En sortant du bureau du docteur nazi, il se précipite à la gare de Berlin pour prendre le train pour Paris.
Sa femme Thea von Harbou, proche des idées hitlériennes, divorcera et rejoindra le parti nazi.
Entre les ors du pouvoir du nazi et les hommes, Lang a choisi !

Le cinéaste allemand, dans son chef d'oeuvre, Métropolis, en 1927, avait déjà pressenti les folies de l'ère des masses !


Par Giraud Thierry
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Dimanche 8 avril 2007
Le grand réalisateur italien, Luigi Comencini, vient de décéder, vendredi 6 avril, à l'âge de 90 ans. Francesco Rosi, Ettore Scola et les frères Taviani viennent de lui rendre hommage, à Rome, à la Maison du Cinéma.
Auteur d'une quarantaine de films, dont Pain, amour et fantaisie (1953) qui le fera connaître du grand public, ce cinéaste engagé (il était chargé de la critique cinématographique dans le quotidien socialiste "Avanti"), architecte de formation, a surtout porté un regard délicat sur le monde de l'enfance. Des enfants de la ville, en 1946, à L'incompris (1966), de Casanova, un adolescent à Venise (1969), au très poétique Pinocchio (1972), Comencini déclinera durant toute sa carrière les troubles du monde enfantin. Cette nostalgie de l'enfance se doublera d'une réflexion sociale sur le sort des pauvres et des exclus souvent sur le mode de la comédie douce-amère, comme dans l'Argent de la vieille (1972) une spécialité bien italienne.
Avec Comencini se dissout un peu plus le cinéma italien, cinéma inclassable, européen, philosophiquement divertissant, qui tranchait tellement avec les productions "marketisées" d'outre-atlantique.
Ciao, Maestro !

Le Pinocchio de Comencini, originellement destiné à la TV, fut passé en salle devant son succès. Une formidable variation poétique sur le monde de l'enfance.



Par Giraud Thierry
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