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Nous étions proprets et bien peignés, au début des années 70, moi et mon frère, avec nos gilets quadrillés et nos chaussures marrons au charme désuet. Cette photo a du être prise à l'aube des seventies, lors d'un mariage ou d'une communion, je me souviens surtout de ce pantalon gris, que je portais et dont j'avais horreur, qui hanta ma tendre enfance car il me gratouillait les jambes ! 40 ans déjà, un retour initié par une émission que j'ai vue sur les seventies, cette semaine, qui m'a rappellé quelques souvenirs de cette décennie qui ne connaissait pas encore la crise, finissant des 30 glorieuses qui avait prodigieusement transformé la vie des français.
Je me rappelle de cet appartement du clos Bernadette, à Aix en Provence, dans les nouveaux quartiers de la cité aixoise, où s'érigeait des dizaines d'immeubles pour loger la France du Baby Boom. Souvenir d'une enfance heureuse entre la cuisine en formica, nouvelle matière bon marché, rendant accessible le rêve de la ménagère de moins de 30 ans et les fauteuils en skaïs noirs, qui trônaient dans le salon, aux côtés desquels posaient 3 générations, dont ma grand-mère Irène, désormais disparue, ma mère, ma tante Odette, ma cousine Gisèle et mon frère.



C'était le temps de l'insouciance estivale à Anthéor, où nous allions tous les étés, par la fameuse Nationale 7, avec la 2 CV,





ou la Citroën Ami 8 de mon père, dans un camping que toisait un viaduc,



où nous étions matelot, mon fère et moi !



Parfois nous allions faire un tour à Saint-Raphaël, ici devant le casino municipal, surveillé par ma grande cousine, Gisèle, aujourd'hui proche de la retraite !



Je me rappelle y avoir vu le cirque Pinder avec les fameux clowns, les Bario !



Je me souviens aussi de l'école des garçons Joseph Roumanille, aux Milles, avec nos blouses dépareillées et nos bouilles d'enfants facétieux et insouciants.



C'était la fin de la France gaullienne, avec la mort du bon Président Pompidou, en 1974, et l'arrivée de la France de Giscard, qui allait abaisser la majorité de 21 à 18 ans et légaliser l'IVG !
La TV n'était pas encore toute puissante et je me souviens que l'on écoutait encore beaucoup la radio, dans les chaumières. Je me rappelle encore de la voix nasillarde qui avait annoncé la mort prématurée de Fernand Raynaud, suite à un accident de la route, en 1973,



et de la voix émue qui énonçait gravement l'enlèvement de la petite Marie-Dolorès Rambla, en 1974, qui donnera lieu à l'écriture du Pull-Over Rouge, par Gilles Perrault, que je lirai 30 ans plus tard.



La France avait peur dans ses années 1974 comme le disait Roger Gicquel au 20 heures de TF1.



Une télé qui monte en puissance dans ces années 70 avec la création de la troisième chaîne, en 1972 et qui marquera profondément mon imaginaire enfantin. De Belle et Sébastien





à l'Autobus à Impériale, de Poly en Tunisie à Fifi Brindacier, mon enfance fut marquée par de jolies histoires bien plus poétiques que ce que l'on peut regarder aujourd'hui. Les Visiteurs du Mercredi avec Scoubidou et la parade des dessins animés, où Satanas et Diabolo jouaient aux fous du volant !



Patrick Sabatier et Soizic Corne animaient l'émission de Christophie Izard, avec les gentils petits hommes verts qu'étaient Brok et Chnok, qui ne voulaient que rire et chanter !



Plus tard ça sera Dorothée et Récré A2, avec les espiègles Chapi Chapo, puis Goldorak, premier manga japonais, dont je vis le premier épisode en juillet 1978, juste avant de partir en camping en Espagne, à Santa Pola.


Les jeunes filles seront plus marquées par Candy !


Les séries TV furent aussi mon pain dominical, avec la fameuse émission, La Une est à vous, présentée par Bernard Golay.



Il y avait Mannix et le générique de Lalo Schiffrin, accompagné par Peggy, sa noire secrétaire, signe de l'évolution des droits civiques en Amérique,





qui n'arpentait pas les Rues de San Francisco, avec  les flics new-yorkais Starsky et Hutch et ne mangeait pas les sucettes de Kojak !





Il y avait de Drôles de dames dont une était mariée avec L'homme qui valait 3 milliards,



 James West et Artemus Gordon
qui traquaient le
Dr Miguelito Loveless,



L'homme de l'Atlantide
dont j'ai toujours essayé d'imiter le style sous-marin,







qui se transformera bientôt en Bobby Ewing, à Dallas !!
Je suivrai pendant longtemps les pérégrinations de David Vincent,



qui s'était perdu, une nuit, dans un chemin de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci qu'il ne trouva jamais,avant de faire une rencontre avec les Envahisseurs,




et j'aimais me perdre dans le Tunnel du Temps !



Les aventures de Gambit, Purdey et Steed berceront mes samedis soirs,




et mes après-midi dominicaux finiront souvent, accompagnés par ma chatte siamoise Minouche, sale caractère qui vivra 18 ans et accompagnera toute mon adolescence,



sur la Riviera, avec Lord Brett Sinclair et Dany Wilde !



Les exploits d'un Gentleman Cambrioleur me passionnaient,


poursuivi par les Brigades du Tigre de Monsieur Clemenceau, qui laissèrent tranquille la Demoiselle d'Avignon et Sam et Sally !



J'avais bien aimé jouer avec Milord, et suivre les aventures de Sandokan




de Michel Strogoff, puis du jeune Pinocchio




qui échouaient sur une Ile bleue Mystérieuse ...



J'avais suivi avec émotion les tribulations du pauvre Rudy Jordache, qui se battait contre le destin et contre un certain Falconetti, dans Le Riche et le Pauvre.






Evidemment, j'ai ri, comme tout le monde aux fanfaronnades de Fonzy dans Happy Days !





Séries TV qui, à l'époque, commençait à surpasser les films de cinéma, en terme de popularité, signe que la petite lucarne devenait un phénomène culturel, ce qui n'empêchait pas qu'elle se fasse le relai des oeuvres cinématographiques. Mais le grand frère du 7eme art se vengeait bien en interdisant à la télévision de montrer des films récents. D'où cette profusion de western, dans les années 70, films à bon marché qui véhiculaient une image positive de la société, de la famille et de la loi, avec la démarche singulière d'un John Wayne, qui défendait la veuve et l'orphelin,



ainsi que tous ses films d'aventures, comme  Tarzan, avec un Johnny Weissmuller, homme-singe qui séduisait l'élégante Jane, jouée par Maureen O'Hara, avec ce cri viril et sensuel,


qui renvoyait l'homme à ses origines animales, dans cette Afrique mystérieuse, qui s'épuisait dans le cimetière des éléphants !
Télévision qui avait ses émissions mythiques, comme les Aventures du Commandant Cousteau, qui nous faisait découvrir le monde du silence, avec sa Calypso et son rouge galurin.



Des dossiers de l'écran qui nous offrait une analyse du vaste monde, avec ce générique si solennel !


La Séquence du spectateur dont je ne ratais aucune émission le dimanche matin,


et qui présentait les films qui sortait en salles. Le cinéma, à l'époque, restait une fête, avec des salles gigantesques comme le Rex, en haut du cours mirabeau, à Aix en Provence, qui disposait d'un balcon, et qui projettait des films avec la fameuse entracte à mi-parcours ! Je me souviens évidemment des Disney que j'allais voir en fant, la sorcière de la Belle au bois dormant qui m'avait tant effrayée !
Années 70 qui virent un renouvellement des acteurs, Bourvil, Fernandel, qui partirent pour laisser place à une nouvelle génération de comique, avec les Charlots et leur conception de la lutte des classes !




Evidemment Coluche qui reprenait la tradition du comique troupier en s'attaquant, avec férocité, aux institutions,



et raillait la France profonde, avec son célèbre Schminblic, avec la complicité de Guy Lux.





sans oublier la bande du Petit Rapporteur de Jacques Martin,





avec Daniel Prévost, Pierre Desproges, et Stéphane Collaro, le tonton mayonnaise !



Cinéma qui si il subit la concurrence de la télévision de plein fouet, se renouvelle avec de jeunes réalisateurs créatifs et aux dents longues, comme Steven Spielberg et son effrayant Jaws,



premier blockbuster au succès mondial, suivi par une guerre des Etoiles, de George Lucas, qui révolutionnera le monde des effets spéciaux,


en attendant le xénomorphe 8eme passager de Riddley Scott !




Alors que les géants du cinéma américain brillent de leurs derniers mille feux, comme Henry Fonda, dans Mon nom est personne,






ou John Wayne, ravagé par le Big C, qui joue le dernier rôle de sa vie, dans Le dernier des géants, avant de mourir !



sans oublier le retour de Marlon Brando, dans Le Parrain, Don Corleone ...





En France, la première édition des César récompense Le Vieux Fusil de Robert Enrico, avec un Philippe Noiret vengeur et une Romy Schneider toujours aussi émouvante,





alors qu'une nouvelle bande de joyeux drilles, fait marrer la France entière dans Les Bronzés,



qui renouvelle le genre comique qui s'épuisait avec un De Funès vieillissant !

Les années 1970, c'est l'épopée bastiaise qui étonna l'Hexagone et l'Europe en 1977-1978, avec le flamboyant Johnny Rep,



et cette incroyable victoire du SECB chez les italiens du Torino, à Turin !



Sans oublier cet incroyable exploit des lensois qui écrasèrent la Lazio de Rome, en 1977, à Bollaert, sur le score stratosphérique de 6 à 0, avec 3 buts de Didier Six !





Mais bien sûr, les seventies furent la décennie les Verts et des longues chevauchées d'Oswaldo Piazza,





qui furent victimes des poteaux carrés de Glasgow !

Mais je me souviens encore de cette élimination incroyable contre Liverpool, en 1977, en quart de finale, lorsque Dominique Bathenay avait marqué un but incroyable à Ray Clemence, à Anfield,



avant que le remplaçant rouquin Brian Fairclough crucifie les Verts avec ses 2 buts !

Honneur retrouvé avec l'équipe de France, et les coups-francs magiques de Michel Platini, qui envoya les français au Mundial Argentin, après un dernier match contre les bulgares, qui se solda, cette fois-ci, par une victoire 3 à 1 !




Coupe du Monde pour laquelle mon père avait acheté la télévision couleur, une Philips avec des touches sensitives, la télécommande et le zapping n'existant pas encore !



D'autres sportifs m'avaient marqué, durant ces seventies, Guy Drut et sa fabuleuse course aux JO de Montréal, 



JO marqué par une certaine Nadia Comaneci, gymnaste prodige qui illumina les jeux canadiens !
Bjorn "Ice" Borg et ses passing-shot millimétrés,



Bernard Thévenet, que j'avais eu l'occasion, en colonie de vacances à Châtel, le 16 juillet 1975, de mirer, lors du contre-la-montre Morzine-Châtel,




et bien sûr Bernard Hinault, le Blaireau,



qui finissait toujours premier devant Joop Zoetemelk, au Tour de France !

Le Sport et la Musique furent peut-être les deux domaines les plus télévisés. Les émissions de variétés étaient les programmes phares da la télévision française, avec Midi-Première et Danièle Gilbert,



les Rendez-vous du Dimanche, de l'inoxydable Michel Drucker,



qui ce 26 mars 1978, recevait Sheila, vrai star des seventies qui s'étiola par la suite ! De Sheila il me restera les Gondoles à Venise, en duo avec son mari, Ringo, et sa période Disco, avec les B.Devotion,






Période Disco qui fut lancée par le phénomal succès du film Saturdays Night Fever, avec un Travolta bondissant, sur la musique des Bee Gees,




nouveaux rythmes qui furent déclinés à toutes les sauces, dans tous les pays, de Donna Summer à Patrick Hernandez, en passant par Barry White.

Les Numero Un, de Maritie et Gilbert Carpentier, furent les émissions de variétés les plus célèbres des années 70. Ce furent les Carpentier qui me firent connaître les accoutrements exotiques de Démis Roussos,



Demis, ici, avec Claude François.



Autre poids lourds, avec Ivan Rebroff, ténor d'opérette avec sa toque fourrée, qui apparaissait à la TV, souvent avant Noël,



sans oublier Mireille Mathieu et sa fameuse coupe au bol !



Mort Schuman chantait son été de Porcelaine, pendant que les adolescents s'embrassaient sur Hotel California, d'Eagles, ou sur Ti Amo d'Umberto Tozzi !




Seventies tourmentés, aussi, avec la triste fin de Mike Brant, étoile filante du show-bizz,



qui n'aura pas le temps de lui-dire ...



C'est Joëlle, qui ne survivra pas au succès de "J'ai encore rêvé d'elle",




et Joe Dassin qui ne passera pas l'été indien !






Disparition et résurrection comme le groupe ABBA, star des seventies, revenu en force 30 ans plus tard,



avec son Dancing Queen !

Queen, autre groupe star des années 70, avec We will rock you et We are the Champions, hymnes devenus mythiques sous la voix de Freddy Mercury !


Le I was made for lovin'you baby, des grimés de Kiss,



répondait au Sugar Baby Love des Rubettes, clone des Beatles !



Les riffs d'enfer d'Angus Young et la voie éraillée de Bon Scott, autre victime de ces années là,



répondait à l'anti-social de Trust,




qui complétait un group rock français plus mélodieux, Téléphone, qui pressentait la Bombe Humaine.




Nicolas Peyrac était peut-être trop loin de Los Angeles,




mais proche du Sud de Nino Ferrer.



Le Vieux de Daniel Guichard,



n'aimait pas trop la Java de Broadway, de Michel Sardou,




 mais plutôt aller sur la Route de Memphis avec Monsieur Eddy.





et comme Gérard Lenorman, préférait les ballades ! 




C'était l'époque aussi des premières comédies musicales avec le Starmania de Michel Berger, avec un certain chanteur qui se nommait Daniel Balavoine !






Mais le symbole des années 70 fut indéniblement Claude François,




français d'origine égyptienne,
star du Hit Parade et des émissions des Carpentier, ici avec Gilbert Bécaud,



là avec Dalida,



Cloclo, qui a tant aimé les femmes dont France Gall !





Claude François épuise dans son destin tragique, le 11 mars 1978, l'ambivalence des années 70, commencées dans l'insouciance et finies dans la crise, décénnie festive qui se noie dans un consumérisme frénétique, annonciateur des désastres écologiques futurs. Le destin de Claude François se résume dans ce chanteur malheureux qui se demande si il a existé ...



Ce 11 mars 1978, d'ailleurs, pour mon anniversaire, ma tante et mon oncle nous amenèrent, moi et mon frère, au cinéma à Marseille. L'écho de la mort de la star française nous était arrivé par la radio, mais la disparition des icônes n'est jamais vraiment définitives, même si avec le départ de Cloclo, s'était un peu l'âme des seventies qui s'en allait. Au cinéma, ce soir là, sur la Canebière, je fis une rencontre singulière, incompréhensible, magique et, pour tout dire, cette céleste mélodie me trotte encore dans la tête, comme si une force extra-terrestre, honorait, une dernière fois, l'esprit du chanteur ...

Tag(s) : #Personnel

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