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Un demi-siècle que Camus est mort, à bord d'une Facel-Vega, dans l'Yonne, dans une ligne droite bordée par d'augustes platanes, accident qui clôtura une vie baignée par le soleil algérien et la perception de l'absurde.

Albert Camus est un fils de la République, issu d'un milieu modeste, son père sera victime de la célèbre bataille de la Marne, qui sauvera Paris et repoussera les allemands. Grande victoire française qui enverra Joffre au Panthéon, désastre familial puisque le petit garçon grandira sans son père.

Ca sera la rencontre avec un instituteur, Louis Germain, qui changera sa vie. Le hussard noir de la République percevra les dons exceptionnels du jeune élève, lui donnera des cours particulier, et l'inscrira sur la liste des candidats aux Bourses, pour accéder aux études supérieures.

C'est au Lycée qu'il tombe amoureux de la philosophie, sous la houlette de Jean Grenier, mais c'est à cette époque, aussi, qu'il apprend être tuberculeux.
Personnalité claire-obscure, épicurien dans l'âme
jouissant du soleil méditerranéen, des étés à TipasaCamus dans son premier essai, L'envers et l'endroit, hurle son bonheur de vivre, comme si la maladie qui le rongeait le projetait dans une frénésie de vie, pressé qu'il était de profiter d'une existence qu'il savait être courte.

L'agrégation se refusant à lui pour cause de tuberculose, c'est le journalisme qui lui ouvrira les bras, notamment le journal Alger Républicain où son enquête sur la misère en Kabylie lui vaudra la reconnaissance de la profession. Comme Jean-Paul Sartre, c'est durant la guerre que l'inspiration viendra, comme si la défaite honteuse de la France combattante avait été propice aux méditations philosophiques. L'étranger, son roman-phare, en 1942,

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sera concommitant au Mythe de Sisyphe,

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qui feront partie du cycle de l'Absurde, théoriseront une vie qui n'a pas de sens, coincée entre la promesse de l'Absolu et la déraison des sociétés humaines, entre la passion de l'existence et le théâtre d'ombres qui guide notre vie sociale.


Camus sera l'homme révolté, l'homme qui dit non, non à l'injustice, non à l'oppression, mais qui se méfiera des révolutionnaires professionnels qui rêvent des lendemains qui chantent, promettant des paradis terrestres, hurlant que la fin justifie les moyens. Loin des intellectuels de Normale Supérieure, dont Sartre sera le représentant le plus emblématique, personnalité flamboyante refaisant le monde au Café de Flore, Albert l'humaniste,

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qui aura grandi dans les quartiers populaires d'Alger, empreint du bon sens du petit peuple algérois, percevra d'emblée que les utopies qui traverseront le XXeme siècle entraînant les pires désastres, seront des miroirs aux alouettes dont il faudra bien se garder et que des fins si incertaines ne vaudront pas des sacrifices si extraordinaires !

La révolte camusienne était une révolte plus métaphysique que révolutionnaire, ce que lui reprocheront les sartriens, certainement que l'homme se méfiait de l'action collective enrégimentée dans des partis, trop attaché à sa liberté individuelle, à son hédonisme antique, pour s'attacher à l'orthodoxie d'un discours, à une praxis révolutionnaire guidée par quelques ayatollah de circonstance ! Autant Sartre s'est livré passionnément dans la bataille sociale, jusqu'à l'aveuglement, éructant, sur son tonneau, que tout anti-communiste était un chien, autant Camus aura toujours cette distance avec l'action, porteuse d'excès et de malentendus, percevant trop l'absurde de la vie pour croire à des solutions miraculeuses ! Avec l'écrivain algérien, le fatalisme de la condition humaine n'est jamais loin de la nécessaire révolte !

Camus oscillera donc toujours entre l'universel et le singulier, l'envers et l'endroit, l'absolu et le relatif,  un clair-obscur qui faisait la richesse du Prix Nobel, et qui à la justice des hommes préférera toujours sa mère

Peut-être qu'un de ces jours j'irai à Lourmarin, petit village du Luberon que je connais bien, et où Camus repose en paix, sous le soleil de Provence, qui lui rappelait tant la lumière algéroise.

Albert, le football et le Nobel.



Tag(s) : #Personnalité

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