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Nous arrivons donc dans le département du Doubs, qui nous frappe, au premier abord, par cette altenance entre vertes prairies et impénétrables forêts, dans un décor vallonné, avec comme acteurs principaux, nos paisibles Montbéliardes.



 Le GPS nous est d'une aide précieuse pour trouver la Ferme des 5 Fleurs,




de Maryline et Stéphane Ponçot, dans le hameau de Valonne, dont le beau clocher francomtois, frappé d'un 1826,




 est comme un phare dans la campagne environnante. Aux pieds du Lomont, peuplé sur ses  sommets d'étranges moulins à vents,
,

dans son village natal, Stéphane Ponçot élève 25 montbéliardes qui donneront leur lait pour le succulent Comté, que nous connaissions désormais assez bien, ayant passé une semaine dans le Jura, alors que  Maryline, sa femme, s'occupe des chambres et de la tabe d'hôtes. L'endroit, loin du tumulte de la ville, vit au rythme des saisons. L'Eglise Saint-Isidore qui trône au milieu du village, gardée par quelques anges recueillis,





 outre son beau clocher, se distingue par ses nombreux tableaux, dont un curieux gentleman-farmer derrière l'autel,

 


et Jeanne, la pucelle se fait la sentinelle de ce saint édifice.



Fourbus par notre trajet, nous nous décidâmes, malgré la fatigue, d'aller écouter une chorale dans l'Eglise d'Indevilliers, vers 21 heures. Après l'Eglise de Valonne, celle d'Indevilliers, majestueusement décorée, nous souligne, encore une fois, que le Doubs fut une terre d'intense ferveur religieuse, département qui fut un des hauts lieux de la Contre-Réforme.



Juste à côté de Valonne, sur un promontoire rocheux, sied le château de Belvoir,
qui surplombe la vallée.



Une Vierge, entourée de quelques paisibles montbéliardes,




 telle une immaculée sentinelle, garde, au loin, le noble édifice. Avant de visiter le château, nous prenons un chemin herbeux, où quelques beaux papillons batiffolent,



 pour aller mirer la chapelle qui fait face au fier "castel".


 


Une rustique Madonna con bambino, rappelle que cette terre du Doubs fut une terre de grande ferveur religieuse.





Le château de Belvoir, édifié au XIIeme siècle, fut sauvé d'une lente agonie par un peintre de la vallée de la Loue, Pierre Jouffroy, qui racheta et restaura le château, de 1955 à 2000. Nous nous attendions à voir un rustique édifice, dans cette rurale région,et nous tombâmes sur un petit joyau, magnifiquement restauré, et agrémenté de tableaux du maître de maison, passionné par la réalité,



  ainsi que de quelques Courbet. Une superbe collection de meubles de style montbéliardais ainsi qu'une série d'armes et d'armures élégamment exposée complètent la visite ! Le château est toujours habité et Eulalia félicita la propriétaire, au prise avec un matou rebelle,



 sous le regard, goguenard, du gardien de lieux !



Le point de vue qui embrasse toute la vallée vaut vraiment le détour,



et le puit, près d'une des tours, soulligne que le château disposait en son sein d'un accès à l'eau.




Nous quittons le château et nos belles montbéliardes, qui paissent autour de la Vierge,



descendons dans le village en contre-bas, Sancey-le-long, dans un océan de couleur, sous ce ciel bas et lourd,




 pour visiter la Basilique Sainte-Jeanne-Antide Thouret. Jeanne-Antide Thouret naquit dans cette cité du Doubs, en 1765, et s'adonna à une pieuse existence en fondant l'Ordre des Soeurs de la Charité en 1810. Elle vaqua alors à ses charitables occupations dans la lointaine Naples où elle trépassa, en 1826. Cent ans plus tard, on ramena ses restes d'Italie pour qu'elle repose à Besançon, dans son Doubs natal, pour être cannonisé par le pape, en 1934. L'imposante basilique édifiée en 1928 pour rendre hommage à la sainte de Sancey,




 se distingue par ses 10 anges, derrière l'autel, qui désignent les principales vertus.


 

Juste à côté du religieux édifice,



la Maison Fleurie, avec son jardin d'Eden de 6 000 plants et de 120 variétés,




 cultivés avec amour par Guy Renaud, l'homme aux belles bacchantes qui posera avec Eulalia,




en soirée, alors que nous participons à la fondue au Comté géante, le soir, sous les antiques halles de Belvoir.

 Alors qu'Isis découvre les joies de la ferme,



nous découvrons la région par le biais de randonnées. La ballade de la tourbière, qui part du parking de l'Etang du Moulin, à Bonnétage, hôtel-restaurant une étoile, au Guide Michelin, dirigé par Jacques Barnachon. Contournant un bel étang,




 guidé par Patrick Bruot, nous découvrons l'écosysème et le fonctionnement d'une tourbière. Entourées de dolines, fosses ou trous, qui stockent l'eau, en milieu calcaire et qui alimentent la tourbière en eau, une faune spécifique se développe, comme la drosera, que nous avions déjà rencontrée dans une tourbière de la Montagne Bourbonnaise, dit le toit de l'Allier, une plante carnivore, la linaigrette, ou plante à coton, dont les anciens se servaient pour faire des édredons, ou la canneberge, plante vivace qui ne pousse que dans les sols à sphaignes, verte mousse et véritable éponge qui peut stocker jusqu'à 90% de son poids en eau !

 

Mais la région possède aussi des ressources culturelles insoupçonnées. Nous participons à la visite guidée de Saint-Hippolyte, le mardi de 10 à 12 heures. Belle cité fleurie, où se mêlent les eaux du Doubs et du Dessoubre, protégée du vidangeage canin,




 avec son Eglise parsemée de stèles mortuaires, et d'élégantes statues dont le baptême du Christ.




Nous apprenons que Saint-Hippolyte accueillit le saint-suaire de Turin, entre 1418 et 1452 et que les Ursulines firent construire un couvent pour se vouer à l'instruction des jeunes filles. Un trio inspiré nous joue alors quelques musicales fugues devant l'ancien cinéma du village,




 et un violoncelliste,




dans une salle du couvent, qui nous joua une sonate de Domenico Galli.



La visite se finit sur une collation offerte par des producteurs du pays sous l'oeil envieux d'un facétieux châton.


 


Le lendemain, nous avions réservé, par l'Office de Tourisme de Maîche, une ballade culturelle dans le pays maîchois. Nous fîmes connaissance avec notre guide, José Sorribes, dont le catalan de père, dut fuir le franquisme, pour se retrouver dans un camp de transit français, à Argelès-sur-Mer pour finir dans le Doubs, à Belleherbe, comme boucher-charcutier. Singulier guide que nous avions, qui, travaillant dans la boucherie familiale, lisait Pascal en jouant du boyau pour fabriquer les chippolatas maison … Charcutier de formation, danseur de flamenco et docteur en art, notre fil conducteur de cet estival après-midi, nous charma par son élégante faconde, son savoir encyclopédique concernant l'art sacré, et son humour plus british que catalan ! Première rencontre avec l'Eglise des Bréseux, où Alfred Manessier forgea les premiers vitraux non-figuratifs posés dans une Eglise, en 1948 !



Tout le charme caché de la France profonde dans ces chromatiques motifs qui se révèlent à nos béotiens regards.
Le périple bucolique se continua dans la douce nature du pays maîchois, ici une source connue depuis les celtes, là, la grotte de Waroly, pour finir à l'Eglise
Saint-Pierre de Maîche, marquée par le baroque germano-suisse, comme beaucoup d'édifice religieux du coin, avec ce légionnaire qui vous toise du regard,



accompagné par quelques facétieux angelots.



Ici, reposent les reliques de Saint-Modeste, soldat romain supplicé, au 4eme siècle, pour avoir embrassé le nouvelle foi chrétienne. Face au sacré catafalque, un tableau représentant le martyr du saint homme où est peint l'ancien château de Maîche, détruit par les suisses et le nouveau, que nous visiterons bientôt. Des paysans rebelles, dans ce qui fut l'insurrection appelée de la « petite Vendée », furent guillotinés, en 1793, et leurs stèles reposent dans ce lieu consacré. Au revoir José, et à bientôt, merci pour la visite !


 

 

Nous profitons du mercredi, pour faire une randonnée à partir de Saint-Hippolyte, départ au clôs Pascal, parking derrière la Poste. Nous sommes plus d'une centaine dont une grande majorité de gens du pays. Direction, la chapelle Notre-Dame du Mont. La légende dit qu'un certain François de la Palud, prisonnier en terre infidèle, au XVeme siècle, devant, sous la menace, renier sa religion pour embrasser l'islam, supplia la Vierge de le sauver … Or, le lendemain, en se réveillant, le vaillant chevalier, comme dans un rêve, se retrouvait à Saint-Hippolyte … En guise de remerciements, il honora la sainte-Vierge en faisant construire une immaculée statue,



et un siècle plus tard, sur le lieu de la sainte sculpture, la Chapelle fut érigée, et devint lieu de pélerinage tous les 15 août. Passée la sainte-chapelle, nous nous dirigeons vers les falaises calcaires qui ceinturent la cité, protégé du soleil par les feuilles de hêtres et de charmes qui peuplent les sous-bois. Nous voici à la grotte du bisontin, où un trio musical nous attend avec quelques fugues d'Anton Dvorak,




 jouées sous une voûte rocheuse irisée par la lumière diphane du sous-bois !



Le concerto improvisé fini, nous pique-niquons à Liebviller, à côté du chêne de la République, planté lors de la Révolution
française, qui couvre de son ramage feuillu, une large fontaine où s'ébattent des truites géantes, 



qui nous refond un remake de "Jaws" dans la France profonde.





Après un repos bien mérité, et avoir tapé la discute avec un habitant des lieux, clône d'Yves Coppens, francomtois amoureux de la Corse, qui nous informa, que, chaque année, les habitants du village, avaient le droit, durant un jour, de pêcher les grasses truites, nous repartons vers Saint-Hippolyte, surveillé par un jeune bouvier qui se prélasse au milieu des grandes berces, blanches ombrelles que nous avons très souvent rencontrées en Franche-Comté.




Retour aux 5 fleurs  où un veau fait des siennes, depuis quelques jours !



 

Un petit détour par Montbéliard, pour visiter le château musée, avec ma chemise newyorkaise , dans le ton entre le Sans Titre (1935) d' Otto Freundlich et la Bivalence ocre et rouge 1 de Diet Sayler ,




avant d'aller visiterle château de Maîche.
Edifié en 1524 par les Guyot, bourgeois bisontin, anobli par Louis XIV, rénové au 18eme siècle, demeure qui appartint au Comte Charles de Montalambert, homme poitique et initiateur du catholicisme libéral, et qui entra dans l'histoire lors de la rencontre Churchill-De Gaulle, le 13 novembre 1944.



La noble demeure est encore richement décorée avec quelques tableaux représentant les héritiers de la famille Guyot.



 Au sous-sol, une cuisine avec des cuivres rutilants,



 gardée par un jeune matou bailleur.




 Au premier étage, de magnifiques tapisseries de Rixheim,



 
 dans un salon richement meublé. Une partie de backgammon nous tenterait bien,



  mais nous préférons mirer le beau parc de 100 ha, 



à qui il reste de beaux atours.



 
Nous quittons la demeure, sous les regards d'un gentleman-chasseur,



et de la belle marquise de Maîche.





Retour à Valonne pour un repos mérité, avec un garçonnet qui nous montre une des nombreuses hirondelles voletant au dessus de la ferme.


 


Besançon
nous tend les bras en cette matinée pluvieuse. Le centre-ville de la préfecture du Doubs, a beaucoup de charme avec quelques faciès parfois inquiétants,




 et des portes léonines.




 Poséïdon chevauchant un dauphin,




un paisible Doubs qui encercle la cité,




 et quelques détracteurs de Vauban,




qui rappellent que la Franche-Comté, terre d'Empire, a été rattachée à la France, par le Traité de Nimègue, après la terrible guerre de 10 ans, qui vit disparaître la moitié des 400 000 francomtois.
La citadelle de Besançon, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco toise la cité de ses murs fortifiés. Elle vaut surtout pour l'inimitable point de vue sur la région,



 du haut de ses remparts.



 Elle accueille un zoo avec un lion sur ses gardes,




 et un trigre qui se paye un gros roupillon !




 Les quelques biquettes qui accompagnent les quidams peuvent dormir sur leur deux oreilles.


 
Mas ça sera surtout le Musée des Beaux-Arts,



 qui aura nos faveurs , dans lequel nous retrouvons une vieille connaissance vénitienne, Giovanni Bellini et l'Ivresse de Noé,




 et les beaux Anges adorateurs, à défaut d'être musiciens, de Gaudenzio Ferrari.



 Un diaphane Christ mort, de Francesco Francia,

 

et de beaux Lucas Cranach, notamment Courtisane et Vieillard (1530), symbole de la déchéance humaine.




 Savoureuse Nature morte au bol de chocolat de Juan de Zurbaran (1640), fils de Francisco, peintre d'extremadure, et mort prématurément de la peste, en 1649, 



et le délicieusement inquiétant Enfant faisant des bulles de savon de Jan Lievens (1645),




 surveillé par le Gentilhomme de Hans Eworth (1590).



Nous avons beaucoup aimé ce Portrait de Diane, levrette de Bergeret, de François-André Vincent (1774),


et cette immense toile de Gustave Courbet, L'Hallali du cerf (1867).





 De curieux Singes, barbiers des chats, de F.Van Kessel et la non moins curieuse Jeune Fille de Jean-Léon Gérôme (1850).



De beaux pianos agrémentent la visite,




surveillés par Loth et ses filles, de Massimo, non pas Gargia,



mais Stanzione, un peintre napolitain du 17eme.
Belle Allégorie à la tête casquée, de Charles Lebrun,




qui regarde une Baigneuse, assise sur un rocher, de Félix Vallotton




et le Vieux-Port de Marseille que nous retrouvons avec plaisir sous le pinceau du peintre bordelais, Albert Marquet.



 La langoureuse Salomé de Jean-Baptiste Clesinger (1876) 




nous regarde partir sous l'oeil goguenard du Rieur du peintre francomtois Gaspard Gresly



et nous quittons ce beau Musée pour aller baguenauder dans celui du Temps.
Après avoir mal dîné, à la Brasserie 1802, place de Granvelle, avec Dolorès, une amie d'Eulalia, nous rentrons dans nos pénates.
Le lendemain, notre route des Crêtes, dans les Vosges, ne connut pas le temps approprié. La Ballon et le Grand Ballon des Vosges furent noyés par un épais brouillard,



ce qui ne nous empêcha pas de manger, non pas une fondue au Munster,




mais un repas roboratif dans la ferme auberge du Grand Ballon, qui nous consolera de ne pouvoir mirer le paysage. Sur le retour, nous rencontrons Omer et Bart, qui semble se plaire, en Haute-Saône.

 

 

 Une petite ballade vers les échelles de la mort, du coté de Charquemont, où les maîtres-verriers venus de la Forêt Noire venaient forger leur verre, profitant de l'énergie du Doubs



 et des immenses forêts de hêtres. La potasse contenu dans l'arbre, mélangé au sable, permettait d'abaisser considérablement le point de fusion du silice, de 1 500 à 1 200 °, température que l'on pouvait atteindre en chauffant au bois.
Nous grimpons les échelles de la mort, que prenaient les contrebandiers, dans le temps, désormais des escaliers.


Ballade un peu sportive, avec ses 400 mètres de dénivelée. En repartant, nous admirons des chevaux comtois qui paissent sur de vertes prairies.



Isis contrôle désormais son petit territoire, perchée sur son promontoire d'abreuvoir,



avec les éoliennes comme horizon.



La ville de Courbet sera notre destination, aujourd'hui. Ornans,




traversée par la Loue,



qui, inspira le célèbre peintre. Nous partons faire les gorges de la Loue, falaises spectaculaires, receptacle calcaire de la petit rivière. La source de la rivière, bouillonne en sortant d'une majestueuse cataracte.



Une chapelle, entre ciel et terre, balise le paysage,



qui se pare d'un ciel moutonneux.



Un mauvais présage pour notre soirée astronomie, en ce 15 août, à Belleherbe, organisée par le club astronomie de Montbéliard. Heureusement, le ciel se dégagera, dans la nuit, et sur des hauteurs désertes, nos astronomes confirmés, avec du beau matériel,



La brillante Jupiter avec ses satellites, l'étoile double de la Grande Ourse, Mizar et Alcor,  



l'amas globulaire M13, appelé Hercule, qui dévoile sa luminosité diaphane,



et la constallation de Caciopée, le W, alphabet céleste qu'ont connu les hommes préhistoriques.




Nous levons le camp vers minuit, avec l'arrivée de quelques nuages. Quelle belle soirée !
La matin du départ, la campagne se nimbe d'une épais brouillard,



vision quasi onirique,




 qui laisse apparaître les couleurs de la belle campagne environnante.




That's all folks !
D'ailleurs ce brouillard me rappelle le film de John Carpenter, Fog, que j'ai vu à sa sortie en salle, au début des années 80 ... Je n'ai pas vu le remake, mais il m'a l'air pas mal.

 

Tag(s) : #FRANCHE-COMTE

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