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Claude-Fran-ois.jpgCe 11 mars 1978, l'agitation me gagne. C'est mon anniversaire et j'ai douze ans. Mon oncle Dédé et ma tante Odette vont venir nous prendre, moi et mon frère pour aller au cinéma, ce soir, puis nous irons finir la soirée à la pizzera Chez Toni, à Marseille. J'ai toujours été un grand admirateur de la toile immaculée, passeport pour mes rêves enfantins. Sinbad le marin, L'île sur le toit du monde, La belle au bois dormant, Les Aristochats, Les 101 dalmatiens, tant de longs métrages qui ont émerveillé mon esprit juvénile. Surtout que dans les années 70, il n'y avait que trois chaînes télévisées qui ne passaient jamais de films récents. Nous étions nourris avec les westerns de John Wayne, les cris africains de Johnny Weissmuller et les parties de cartes pagnolesques entre Panisse et  César. L'imaginaire télévisuel des seventies c'était les années 40-50-60, d'où ma grande tendresse pour ces films-là qui feraient fuir, aujourd'hui, à grandes enjambées, nos chères têtes blondes, nourries aux effets numériques jurrasikparkiens, une main dans un seau de pop-corn, l'autre enserrant la canette de Coca.
Et puis, dans l'après-midi, la nouvelle tombe : Claude François aurait succombé à une électrocution. Coup de tonnerre dans un ciel d'azur ! Impression irréelle entre tristesse du décès et joyeuse promesse de la séance du soir. Cette méga-star des seventies, qui peuplait avec ses mélodies, les émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, ce fils de la terre des pharaons qui a quasiment inventé le disco, ce blondinet hyperactif qui gigotait entouré de ses clodettes, ce chef d'entreprise boulimique, qui se déclinait dans tous les secteurs des médias, de sa maison de production, Flèche, à son magazine Podium, ce grand égocentrique qui avait peur de vieillir, cet éternel adolescent adulé par la gente féminine, Cloclo s'en est allé ...à 39 ans.
Nous partons vers Marseille, avec mon Oncle, qui n'est pas d'Amérique ni Tatien mais phocéen, et ma tante, en fin d'après-midi. Le Vieux-Port est paisible et la Canebière agitée. Les affiches des films me toisaient avec leurs couleurs criardes. Deux films m'attiraient. La Coccinelle à Monte Carlo et Rencontres du 3eme type de Steven Spielberg. Mes goûts enfantins me poussaient vers le premier, mais l'étrangeté de l'affiche de Rencontre, la promesse d'une rencontre mystérieuse, me fit choisir le second. Trois heures les yeux dans les étoiles, souvenir impérissable, au son de cette singulière mélodie, qui me hante encore, parfois, pour une rencontre très étrange, puisque je n'avais rien compris au film, à l'époque. La séance est finie, nous voilà Chez Tony, pour manger la pizza.
Cette journée, il y a 30 ans, est restée gravée dans mon esprit, ce jour là, où Cloclo est allé faire un tour dans les étoiles, peut-être une rencontre du troisième type.
Avantd'écouter ma chanson préférée de Claude François, testez-vous sur les chansons des seventies en répondant à ce QUIZZ.

Tag(s) : #Personnalité

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