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Samedi 27 octobre 2007
Baigneur----Asni--res-copie-2.jpg





























Le National Gallery de Londres, un des plus grands musées du monde, concentre  les plus grands chefs d'oeuvre de l'Occident,  notamment les plus grands peintres  de la Renaissance.  Dans ce dédale de pièces décorées  avec des tableaux de maître,  les Baigneurs à Asnières, de Georges Seurat, m'ont particulièrement touché.  Le peintre  parisien, sombre génie, vivant quasiment reclu,  loin du monde des hommes, a déployé durant sa courte vie, des trésors picturaux qui ont fondé l'école dite "pointilliste".  Une quiétude diaphane  illumine son  tableau,  après-midi champêtre au bord de la Seine, où  baigneurs et plaisanciers se délectent  d'une lumineuse journée d'été.
Seurat a été honoré par nos voisins d'outre-atlantique, avec une comédie musicale, Sunday in the park with George, en l'honneur d'un autre célèbre tableau du peintre, Un après-midi sur l'île de la Grande JatteAsnières est devenue célèbre avec son fameux 22, numéro de téléphone demandé par un certain Fernand Raynaud !

 


par Giraud Thierry publié dans : Peinture
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Vendredi 26 octobre 2007
Docteur-Jivago-013-copie-1.JPGDocteur Jivago,  roman historique qui plonge ses ferments dans la Russie révolutionnaire, s'inscrivant dans l'immensité des espaces russes, est le dernier livre de Boris Pasternak, qui, au soir de sa vie, nous livre une oeuvre quasi autobiographique.  Mis à l'index par le régime soviétique, considérant l'auteur comme un « agent de l'Occident capitaliste, anti-communiste et anti-patriotique », l'écrivain fut forcé de décliner le Nobel descerné par la célèbre Académie suédoise, en 1958. Pasternak n'aura jamais l'occasion de voir son livre publié, puisqu'il mourrut en 1960 et qu'il fallut attendre 1988 et la perestroika de Gorbatchev pour que ce monument de la littérature soit éditée sur l'ancienne terre des Tsars ! Mais David Lean rendra hommage à l'artiste moscovite en adaptant somptueusement, au cinéma, la geste pasternakienne, dans son Docteur Jivago. Exaltation de la nature russe, de ces forêts océanes, de ces immensités recouvertes d'un manteau neigeux, espaces infinis où le destin des hommes se jouaient dans le tourbillon révolutionnaire. Il me reste le souvenir de ce regard, intense et profond, de ce désir sourd et servile, de Lara attendant son Docteur Jivago, joué par le bel oriental Omar Sharif,  des yeux de la blonde Julie Christie,  immenses et profonds, métaphore bleutée de la majestueuse Taïga sibérienne. Et puis ...la mélodie de Maurice Jarre, la Chanson de Lara, qui résonne encore dans les espaces immaculés de la Russie éternelle.
Partez avec Lara et Jivago ...

 


par Giraud Thierry publié dans : Cinéma
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Mercredi 24 octobre 2007
Famille-Gortcharkoff-1938.jpg





























Le fleuve paisible ou déchaîné  de la "grande histoire", celle des rois et des princes, des présidents et des conquérants, se nourrit des mille ruisseaux, minces filets insignifiants de destins singuliers qui ne survivent que le temps des mémoires familiales. Des photos jaunies enfermeés dans des boîtes en fer, que l'on exhume lorsque l'on vide un grenier, une cave, un placard. Photographies familiales qui scellent, pour l'éternité, des moments importants, ici une noce, là un baptême, ou tout simplement un repas entre amis.  Debout au dernier rang, ma tante Victorine, toujours en vie, 82 ans, à côté de son père, Pierre Gortchakoff, venu de la lointaine Sibérie, avec deux de ses amis, Paul et Jean, à ses côtés sur la photo. 3 amis russes qui avaient fui les tourments de la Révolution de 1917, pour se réfugier à Marseille, après un bref passage à Salonique. 3 copains qui se sont mariés avec 3 soeurs. Ma grand-mère sur la gauche, Irène Gortchakoff, tenant ma mère sur ses genoux. Mes deux arrières grands-parents,  Linda Munarini et Aderito Grisendi, qui avaient fui la pauvreté de l'Emilie-Romagne pour trouver du travail dans la cité phocéenne, et les deux soeurs de ma grand-mère à leur côté. Et puis les enfants de la fratrie. Paul, Hélène, Henriette, Germaine, Ginette, Alexandre ...
Famille d'étrangers que la France a accueilli en son sein, dans le populaire quartier du Marinier, sur les hauteurs de l'Estaque, entre la belle bleue et les collines du Rove. Famille de déracinés qui ont tout quitté pour un avenir meilleur, qui ont fui la guerre et la misère pour des horizons nouveaux. Aujourd'hui, la mémoire de cette France accueillante me revient lorsque je vois les expulsions d'étrangers qui se généralisent ...et je songe, le temps d'un instant, à ces immigrés italiens, russes, polonais, espagnols, portugais, qui ont fait la France !
Il me revient à l'esprit, la musique du grand Ennio Morricone, Deborah's Theme, lancinante et mélancolique, qui accompagnera Nooddles//De Niro à la recherche de ses souvenirs enfouis dans le vertige du temps.

 

par Giraud Thierry publié dans : Personnel
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Lundi 22 octobre 2007
Les-Milles--le-Bastidon--18-10-2007-005.jpgTous les matins de la semaine, je m'en vais, guilleret, remonter ce bon vieux Cours Mirabeau, à Aix en Provence, allée ombragée par d'augustes platanes, bordées par des cafés dont le célèbre 2 Garçons, où Cézanne, Zola et Lamartine prirent leurs aises. En haut du célèbre Cours, construit au 17eme siècle, trône la statue du bon Roy René, qui fut roi de Naples, duc d'Anjou et Comte de Provence. Fidèle au roi de France Charles VII, durant la guerre de 100 ans, il contribua à rétablir la paix dans le Royaume de France. Ami des arts et des lettres, il fut notamment le protecteur du peintre Nicolas Froment dont le triptyque du Buisson Ardent trône dans la cathédrale Saint Sauveur . Le 10 juillet 1480, René rendit l'âme dans sa ville d'Aix en Provence. Les angevins se débrouillèrent pour cacher sa dépouille dans un tonneau et le firent enterrer dans la cathédrale d'Angers. Mais le souvenir du paisible Roy reste encore vivace dans la cité fondée par le consul Sextius et son nom reste populaire dans toute la ville, dont la fameuse Confiserie du Roy René qui fabrique les délicieux calissons, spécialité de la ville d'eau.
La belle cité provençale a toujours attiré les célébrités. Alain Delon y a eu son hôtel particulier, d'ailleurs, enfant, je me souviens avoir aperçu la "grande sauterelle", Mireille Darc, femme-échasse qui se remarquait dans les venelles aixoises ! Le comique Roland Magdane y a habité, mais la plus célèbre aixoise reste la soliste Hélène Grimaud, la  belle virtuose aux loups ...

 

par Giraud Thierry publié dans : Villes et campagnes
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Dimanche 21 octobre 2007
Colonne-Nelson--Trafalgar-Square.jpgCe vendredi 21 octobre 1805, au large du cap Trafalgar (taraf al-gharb, qui signifie cap de l'Ouest), au petit matin, l'amiral Villeneuve et l'Empire vogue vers leur destin. La flotte franco-espagnole quitte Cadix et se dirige vers le détroit de Gibraltar. Napoléon prépare l'invasion des îles Britanniques, à Boulogne, et la flotte impériale doit attirer et anéantir la flotte anglaise pour libérer la Manche. Mais Horatio Nelson veille ! Engagé dès l'âge de 12 ans dans la Royal Navy, le vice-amiral a déjà  perdu un oeil et un bras dans des furieux combats  et a détruit les rêves égyptiens de Bonaparte en anéantissant la flotte française à Aboukir. Ce jour-là, à l'aube, les armes vont parler. En inférioté numérique, par une manoeuvre audacieuse, l'anglais va fondre sur l'armada franco-espagnole, qui, surprise, va se débander et être détruite ! Les rêves impériaux s'échoueront au large de Cadix, Albion ne sera jamais envahie ! Cette victoire historique sera le sarcophage du vice-amiral anglais. Blessé par un tireur isolé alors qu'il commandait la manoeuvre sur son HMS Victory, Horatio Nelson agonisa quelques heures avant de rendre l'âme. Ramené dans un tonneau d'eau de vie à Londres, il fut enterré dans la Cathédrale Saint Paul, fêté comme un héros.
Depuis lors, tous les 21 octobre, la Royal Navy rend hommage au vainqueur de Trafalgar. Il y a deux ans, l'Angleterre a fêté en grande pompe le bicentenaire de cette victoire. Quant à Nelson, il trône du haut de sa colonne, à Londres, à Trafalgar Square, d'où il peut voir cette mer qu'il a tant chérie !
149 ans plus tard, les Branquignols de Robert Dhéry ont vengé la défaite en française en envahissant les ïles Britanniques :

 


par Giraud Thierry publié dans : Histoire
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